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Aux
millionnaires virtuels
Gagner
10 millions sans investir un sou. La proposition est alléchante.
Autant vous habituer, elle va devenir monnaie courante sur
la Toile.
[07/06/2000,
article complété le 8 juin à 12 heures]
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"C'est
simple, rapide et gratuit", dit la réclame. Top chrono
: je remplis un questionnaire pour m'identifier (nom, prénom,
adresse, e-mail, âge), je coche sept cases sur un grille de
49 chiffres (en fait 6 numéros plus le "numéro
banana", tiens, tiens), je valide en cliquant sur une bannière
publicitaire. Et après ? "Préparez-vous à
devenir millionnaire", reprend Bananalotto. Pour atteindre
le paradis annoncé, le joueur peut tenter sa chance trois
fois. Rien d'autre à faire que d'attendre un mail (le lendemain)
qui annonce les résultats du tirage effectué sous
contrôle d'huissier. Y-a-t-il un revers à cette médaille
dorée sur tranche ? Les loteries traditionnelles vont-elles
péricliter ?
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Komensamarche ?--
Rien ne serait possible si la participation au jeu n'était
pas gratuite. C'est le cas puisque tout joueur peut se faire rembourser
le coût de sa connexion pour valider sa loterie. Sans cette
disposition, les webs de loterie tomberaient sous coup de la loi
qui régit les jeux de hasard, dont la Française des
Jeux a le monopole en France. Pourquoi dès lors préférer
un jeu payant à un jeu gratuit? Du côté de la
Française des jeux, l'opérateur "officiel",
on reste prudent : "A priori, l'astuce qui consiste à
ne pas faire payer le jeu classe ces opérateurs privés
dans la légalité". Et de rajouter: "C'est
nouveau, donc nous sommes en situation d'observation et restons
en tous cas très vigilants". Cet attentisme se confirme
par l'arrivée en ligne de projets de jeux qualifiée
de "très prudente" et qui n'interviendrait pas
avant une douzaine de mois.
Le consommateur lui, devra tout de même suivre un petit parcours
du combattant pour se faire rembourser "dans les 30 jours"
connexion et courrier envoyé à Bingonet, la société
qui organise le Bananalotto. L'avance faite, il est vrai, n'est
que de quelques francs.
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kivagagner ?--
C'est
la deuxième astuce. "Dix millions de francs à
gagner par jour, il fallait oser", s'auto-félicite Bananalotto.
On encourage déjà le joueur à rêver à
ce qu'il fera avec ses 10 millions. C'est de bonne guerre, et certainement
efficace, car tout le monde a joué un jour au jeu du si j'étais
riche...Mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Il faut une bonne
dose d'optimisme pour s'imaginer empocher 10 millions. Les chances
ne sont que d'une sur 84 millions environ. Par contre les petits
gagnants (5 F pour 3 bons numéros) devraient être nombreux
compte tenu de la possibilité de jouer trois fois par jour
: ce qui permet aux auteurs du jeu d'annoncer 30 000 chèques
gagnants dès le premier mois d'existence.
Qu'on se rassure, la prise de risque du Web de loterie -qui serait
évidemment en danger si un facétieux hasard désignait
deux gagnants rapprochés- est très mesurée.
Heureusement que les assurances sont là. Les gains publicitaires
qui doivent rentabiliser à terme ce type de Web ne suffiraient
pas à couvrir les frais !
La publicité, justement, vous n'y échapperez pas.
En tant que gagnant d'abord si vous trouvez les 7 ou 6 bons numéros
car le réglement
du jeu réclame cinq jours de disponibilité pour
des opérations promotionnelles. En tant que simple joueur
car il vous faudra cliquer sur un bandeau pour valider votre bulletin
virtuel. Et la précieuse base de données collectées
par le site est promise à des "partenaires" qui
pourront vous adresser leurs promotions par e-mail. L'autorisation
vous est demandée au moment de valider votre bananalotto
: à vous de décocher les cases qui autorisent "partenaires"
et "bandeaux pub" à s'immiscer dans votre boîte
mail quand vous recevrez les résultats des tirages. En attendant
souriez, la banane est de rigueur sur ce Web !
Sophie
Rigal >>>L'Intern@ute
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