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Paiement
en ligne : le lecteur de carte bleue fait flop
Cyber-Comm,
le terminal permettant de payer chez soi en toute sécurité
ses achats sur Internet, a été boudé
par les internautes et les commerçants. D'autres
solutions sont déjà à l'étude.
Revue des projets. (09/01/2001)
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Huit
mois après son lancement, la solution Cyber-Comm, qui permet
de payer ses achats sur Internet en toute sécurité grâce à un lecteur
de carte bancaire branché sur l'ordinateur, tourne plutôt
au fiasco. Alors que ses concepteurs misaient sur la vente de 200
000 appareils fin 2000, finalement le nombre total écoulé
se monte seulement à quelques milliers. Pire, seules 27 cyberboutiques
l'auraient accepter... Pourtant tout avait été prévu
pour que ce nouveau système séduise les internautes.
Il avait reçu la bénédiction des principales
banques françaises (BNP, Société générale, Crédit lyonnais, Caisse
d'épargne, La Poste, etc.) ainsi que de grands industriels (France
Télécom, Gemplus, Alcatel...), tous, du reste, actionnaires du projet.
Cependant, ses concepteurs ont peut-être pêché
par excès de confiance. En effet, à l'époque,
ce système avait été présenté comme la solution miracle au
paiement sur Internet, notamment grâce à sa simplicité
d'utilisation : le client a juste à taper son code de carte
bleue sur un terminal (exactement comme chez un commerçant traditionnel)
et la transaction est validée sans passer par le Web, empêchant
normalement tout piratage. Autre avantage: le commerçant
peut authentifier l'origine du paiement.
Deux raisons principales sont avancées pour expliquer cet
échec. D'une part le prix de l'appareil, qui vendu aux alentours
de 300/400 francs, a été sans conteste un frein à
son développement. D'autre part, les cybercommerçants ne
sont pas précipités pour acheter et installer sur
leur site le logiciel permettant d'accepter les paiements par Cyber-Comm.
Toutefois,
en dépit de cet échec (le projet a tout de même
déjà coûté 90 millions de francs), les
responsables de Cyber-Comm ne désarment pas. Ils étudient
déjà d'autres solutions comme la vente en direct du
terminal sur le site Cyber-Comm
ou en grande distribution ou l'intégration d'un terminal
de paiement dans le clavier des ordinateurs. D'ailleurs
les chiffres ont tendance à donner raison à leur persévérance:
40% des internautes se disent prêts à payer pour sécuriser leurs
achats en ligne, et les deux-tiers d'entre eux seraient d'accord
pour débourser plus de 250 francs.
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Un numéro utilisable une seule fois ?--
Plus généralement, les solutions pour sécuriser
le paiement en ligne semblent se multiplier ces derniers temps.
Ainsi
le GIE (groupement d'intérêts économiques) des cartes bancaires
- qui réunit les principales banques françaises et les réseaux Visa
et Mastercard - est à pied d'oeuvre pour lancer un nouveau
système de cryptage. Il s'appuie sur la technologie du "cryptogramme
visuel" qui consiste à rajouter trois petits chiffres au numéro
identifiant classique à seize chiffres inscrit sur toutes les cartes
bancaires. Ce projet, lancé il y a plus de vingt mois, devrait être
effectif pour l'été 2001, septembre au plus tard, le temps que les
banques mettent à jour leurs serveurs. Cette solution présente
de nombreux avantages. D'abord, la technologie retenue, le cryptogramme
visuel, semble bien partie pour s'imposer au niveau mondial. Ensuite,
le cyber-commerçant qui, en ligne ou au téléphone, réclame ce nouveau
code, est assuré que le consommateur est bien en possession de la
carte et non d'un ticket récupéré. Enfin, lors de la transaction,
la combinaison à trois chiffres est vérifiée à l'aide d'un algorithme
spécifique. Cela devrait donc mettre un frein aux logiciels qui
génèrent de faux numéros de carte... le temps, bien évidemment,
que les pirates parviennent à mettre au point de nouveaux
logiciels.
Une
autre solution de paiement en ligne, liée au développement
des services de banque à domicile, est déjà sur les
rails et devrait apparaître en 2001. Le principe : la banque pourrait
fournir à son client, lors d'un achat en ligne, un numéro
virtuel de carte, unique et temporaire. Autrement dit, un numéro
qui ne servirait que pour la transaction en cours, ce qui aurait
l'avantage d'empêcher un pirate même en parvenant à détourner
ce numéro, à s'en servir une seconde fois. C'est déjà
ça...
[Stéphane
Rossard,
L'Internaute]
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