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Meurtres mystérieux en
Gévaudan
Loup, démon ou serial killer ? La sortie en salle du "Pacte des Loups" relance la légende de la bête du Gévaudan, qui ensanglanta la Lozère du XVIIIe siècle. Frissons garantis... (30/01/2001)

Le Pacte des Loups, film événement de Christophe Gans, le réalisateur de Crying Freeman (lire son portrait dans Écran Noir) sort ce mercredi dans plus de 600 salles. Une production atypique dans notre paysage cinématographique plutôt enclin à sanctifier d'obscurs auteurs "tourmentés" qui se complaisent souvent à mépriser un public par avance "indigne" de partager les affres de leurs créations. Aussi, le film de Gans, quels que soient ses futurs chiffres au box-office, aura le mérite de faire renaître de ses cendres le film de genre. Un film attendu comme le loup blanc par un public avide de retrouver sur grand écran la tradition du grand spectacle, la geste épique d'antan magnifiée par Mario Bava, Terence Fisher où encore, Bernard Borderie (allez, que celui qui n'a jamais palpité aux trépidantes aventures d'Angélique lève son moignon !).

-- 11 extraits du film à découvrir --

Le site officiel du film (tout en Flash) est un régal pour les yeux, même si la navigation n'y est pas toujours évidente. On conseille donc la visite du site en HTML, à choisir dès la page d'accueil. Au menu, de nombreux bonus, la bande-annonce de rigueur, la visite de certains décors à 360 degrés, un économiseur d'écran, le "making of", le tout enrobé d'un univers graphique gothique à souhait. Pour un maximum d'éléments multimédia, une seule adresse, celle du site de Première, qui propose notamment 11 extraits du film à visionner au format Quicktime. Avec un budget de 200 millions de francs, le film est condamné au succès (minimum 3 millions d'entrées France ! ). Un accueil enthousiaste de la part des acheteurs étrangers du marché du film à Cannes, en mai dernier, laisse augurer un gros succès public pour cet ambitieux projet dont l'improbable échec remettrait en cause la politique de production du Studio Canal, qui mise très gros dans l'affaire.

-- Un "spectacle hybride et étonnant" --

Bénéficiant des effets spéciaux numériques de Jim Henson, Gans s'est entouré d'un important casting (pas vraiment justifié, à en croire certains), de Monica Bellucci à Samuel Le Bihan et Jéremie Regnier, en passant par Marc Dacascos, son comparse de la première heure. Il faut dire que le synopsis est alléchant : 1764, les terres embrumées du Gévaudan subissent les assauts répétés d'une bête monstrueuse qui s'attaque aux femmes et aux enfants. Le chevalier Grégoire de Fronsac est envoyé par le roi en Gévaudan flanqué du fidèle Mani, un indien Mohawk devenu son frère de sang. Installé chez le Marquis D'Apcher, La traque peut commencer. (lire le dossier complet dans Ecran Noir).

Ceux qui ont pu voir le film en ressortent partagés: Pour Le Monde, il s'agit "d'une accumulation de citations pour un spectacle hybride et étonnant" tandis que Chronicart (le quotidien de la culture) n'a visiblement pas apprécié : "L'éclectisme de bon goût aboutit à un objet bâtard, parfois même ridicule" et propose de réagir sur son forum.
Le Point, quant à lui, ne manque pas de souligner que Gans trace une voie inédite, " L'oeuvre, parfois singulièrement inventive, ne ressemble à rien de connu, même si les plus cinéphiles sauront, au détour de plans foisonnants, reconnaître, dans les meilleurs moments, l'ombre d'un John Woo ou la silhouette d'un David Cronenberg". Excusez du peu...

-- La complainte de la bête --

Sur le Web, la légende de la bête du Gévaudan est toujours aussi vivace. De 1764 à 1767, dans le Gévaudan (l'actuel département de la Lozère, ainsi qu'une partie de la Haute-Loire), plus d'une centaine de personnes furent massacrées dans des circonstances mystérieuses. Les témoignages d'époque font très vite état d'une bête monstrueuse, d'un loup sanguinaire mangeur d'homme. Aussi de nombreuses battues sont organisées et plusieurs loups abattus. La bête du Gévaudan détient au final le triste palmarès de 157 victimes en 3 ans (lire le dossier de Science et Avenir). Certaines croyances voient en elle la réincarnation d'un démon (une complainte lui est même dédiée), d'autres privilégient piste d'un tueur en série (les victimes étaient pour la plupart des femmes et des enfants). Plusieurs siècles après les faits, les avis diffèrent encore D'autant que la peur du loup reste tenace encore aujourd'hui, bien que la race ne soit plus représentée que par une quarantaine de bêtes, surtout présentes dans les Alpes (lire la dépêche de l'AFP). Le site Loup.org milite pour la reconnaissance du loup et tente de démystifier l'image injustifiée qui lui colle à la peaux. Alors, quid du loup en Gévaudan aujourd'hui ? On en trouve une centaine, splendides, évoluant en semi liberté au sein du Parc de Sainte Lucie, qui leur est entièrement consacré au coeur de la Lozère. Quant à la mystérieuse bête du Gévaudan, son énigme n'a jamais été véritablement élucidée...

[Jean-Philippe Carpenet , L'Internaute]

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