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Grosse fatigue
ou les confessions d'un enfant du Web

Sobrement sous-titré "Le site des petites frustrations et amertumes quotidiennes", Grosse fatigue est un journal intime gorgé d'humeurs et d'humour. A déguster comme un nectar.
(14/03/2001)

"A force de regarder mon nombril en quête d'ailleurs, j'ai décidé il y a quelques temps d'ouvrir mon bavoir au monde entier, au milieu des colifichets et des marchands du temple, coincé entre les poncifs.com et les dépressifs point à la ligne." La déclaration d'intention donne le ton. Foin d'hypocrisie sur Grosse fatigue ! Ladite bave est acide. De celles qui tachent. Sous le pseudo neurasthénique, clin d'œil au film éponyme, se cache un enseignant de 35 ans à tendance dépressive, "désagrégé de l'être moderne", amateur de chocolat et de Keith Jarrett. Il s'épanche sur le Net depuis août 1999 et revendique modestement 250 accros quotidiens à ses chroniques assassines. Une prouesse pour un site perso au design minimaliste, sans flash, sans pub, avec des chenilles à la queue leu leu en guise d'illustration.

Car l'essentiel est dans les textes. Qu'il parle de Tome Crouze ("Putain c'est bon d'être un héros™"), de Michel Ouaislebec ("Houellebecq n'aime pas les Noirs, pas le cul, et voudrait améliorer l'espèce"), de ses fantasmes estudiantins ("J'enseigne la zoologie à l'université pour passer le temps") ou de La grosse qui rote ("la vraie vie est ailleurs"), le cyber-écrivain se confie davantage. Il a un avis sur tout mais ne la ramène pas à chaque phrase. Ses coups de gueule dépassent de loin ses coups de cœur, mais on se plaît à feuilletter ce journal intime bourré d'humeurs et d'humour. Souvent cruel. Jamais rance.

En décembre 2000, Grosse Fatigue annonçait la fin de l'aventure ("J'arrête mes ritournelles et mes gribouillis"), lassé du virtuel et du format court. Il rejoint alors un collectif de webmestres qui défend le "fatiguisme" dans un site tout sauf ennuyeux (www.contre-courants.org). Mais la trève n'aura pas duré. Dès janvier 2001, Grosse Fatigue est en manque. Il reprend du poil de la bête et renoue avec ses chroniques plus ou moins quotidiennes. Paré pour une seconde vie. Alors que le Web se limite souvent à nous refourguer de la vie.com, speedée et exempte de de plaisir, Grosse Fatigue fait l'éloge de la lenteur et apporte quelques grammes de finesse sur le réseau. Pourvu que ça dure...

[Jérémie Couston , L'Internaute]

L'avis de L'Intern@ute
Présentation du site
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Navigation et rubriques
@@
Informations disponibles
@@@@
Nous avons regretté
la présentation minimaliste
Nous avons aimé le ton et le style
la possibilité de télécharger tous les textes en .pdf
#: affreux!
@ : bof...
@@ : pas mal
@@@ : très bien
@@@@ : superbe!


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