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Internet
par satellite : demain chez vous
De
nouvelles offres grand public d'accès à Internet
par satellite, dont celle de Tiscali, vont voir le jour
cette année en Europe et certainement en France.
Comment ça marche ? Est-ce du haut-débit ?
Combien ça coûte ? Enquête. (23/01/2002)
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Si 2001
a été l'année "ADSL", 2002 pourrait-elle
être l'année "satellite" dans le petit monde
de l'accès Internet ? En effet, le géant de l'accès
Internet Tiscali (qui possède Liberty Surf, Infonie, WorldOnline
et Freesbee en France) a confirmé son intention de lancer
en Europe une offre d'accès à Internet par satellite
courant 2002. Quant à l'opérateur Eutelsat, il devrait
louer dès cette année un accès à son
réseau de satellites à l'attention de fournisseurs
d'accès ou opérateurs européens.
Pourtant, la technologie d'accès à Internet par le
satellite n'est pas nouvelle, mais les offres passées n'ont
pas réussi à séduire le grand public : accès
satellite "uni-directionnel" (uniquement en réception
de données, pour l'upload, il fallait recourir à un
modem traditionnel, donc à sa ligne téléphonique),
trop cher, trop compliqué à installer, débits
pas meilleurs qu'avec une ligne téléphonique... Parmi
ceux qui s'y sont essayés, les sociétés EasyNet
et LuxSat ont depuis changé leur fusil d'épaule :
Easynet
s'est reconverti dans les réseaux à fibre optique
et l'Internet par l'ADSL à destination des entreprises, tandis
que Luxsat destine
ses futurs services de télévision interactive numérique
("multimédia à la demande") aux abonnés
européens à la télévision par satellite.
Maintenant que les réseaux câble et ADSL sont davantage
développés, on se rend compte que les zones rurales
seront inévitablement délaissées par ces technologies
haut débit. L'accès à Internet par satellite,
censé offrir des débits plus rapides qu'avec une ligne
téléphonique, se poserait donc comme solution idéale
pour les surfeurs réguliers habitant ces zones non urbaines.
Mais à quel prix ?
Comment ça
marche ?
Intéressons-nous à l'offre TiscaliSat
qui vient déjà d'être lancée en test
en Grande-Bretagne, en Italie, et en Allemagne et qui devrait être
proposée en France d'ici fin 2002.
L'équipement : il consiste en une antenne satellite
de 75 cm de diamètre à monter sur sa maison (qui sera
orientée vers le satellite Eutelsat Eurobird) reliée
par câble coaxial à un modem satellite spécifique,
lui-même relié par câble USB au PC.
Aucune connexion téléphonique n'est nécessaire
: c'est la grande nouveauté de cette offre qu'on appelle
"bi-directionnelle", car jusqu'à présent
les antennes satellites utilisées ne permettaient que la
réception des données Internet, mais pas l'envoi (upload)
qui devait s'effectuer par une connexion téléphonique
classique. C'est aussi le défaut de cette offre : il nécessite
l'utilisation d'une antenne satellite spéciale. La parabole
qui donne accès aux bouquets de chaîne de télévision
(TPS ou Canal Satellite) ne sera d'aucune utilité.
Les débits : on peut considérer les
débits annoncés comme un peu en deça des solutions
câble et ADSL grand public (Netissimo, Noos, etc.). Selon
TiscaliSat, le modem reçoit les données à une
vitesse se situant entre 150 et 400 Kbps (contre 512 Kbps maxi en
câble ou ADSL) et émet en retour des données
à 150 Kbps maximum (contre 164 KBPS maxi en câble ou
ADSL).
Le prix : en Italie et en Grande-Bretagne, où
l'offre est bel et bien mise en oeuvre, les prix ne sont pas harmonisés.
L'offre TiscaliSat italienne est beaucoup plus onéreuse que
l'offre TiscaliSat britannique. Dans les deux cas, cependant, on
constate que la mise en place d'une installation satellite pour
l'Internet est beaucoup plus chère qu'une installation câble
ou ADSL.
L'équipement (antenne, modem, câble) : entre
1000 et 1500 €.
L'installation par
un technicien : entre 300 et 500 €.
L'abonnement mensuel : entre 90€ et 100€.
L'offre TiscaliSat se présente donc comme une offre complète
qui préfigure certainement l'avenir de l'accès Internet
par satellite, suite à l'échec des solutions "uni-directionnelles"
exploitant les paraboles classiques. Elle est d'ailleurs calquée
sur des modèles et technologies déjà exploités
aux Etats-Unis. Par cet exemple, on constate toutefois que la technologie
bi-directionnelle est encore très onéreuse, car récente,
et ne peut pas vraiment concurrencer le câble et l'ADSL. En
attendant que d'autres opérateurs dévoilent leurs
projets, les habitants des zones rurales sont donc condamnés
à en rester à la bonne vieille connexion en 56K ou
à s'acquitter d'un investissement lourd
pour bénéficier d'un Internet "presque"
rapide...
A voir aussi
[Muriel Drouineau, L'Internaute]
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