Le peer to peer ?
Pour faire court, disons qu'il s'agit d'un type
très spécifique d'utilisation des réseaux
informatiques, et d'Internet en particulier. Dans le
cadre d'une connexion en "peer to peer" c'est
à dire de point à point, deux ordinateurs
dialoguent et peuvent échanger des données
sans intermédiaire. L'établissement de
la connexion peut se faire au petit bonheur la chance,
au gré du réseau, ou par l'entremise d'un
serveur central. Si le partage de fichiers entre
internautes est son application la plus voyante,
cette technologie peut avoir bien d'autres usages. Ainsi,
les créateurs de Kazaa
ont-ils développé sur le même principe
de connexion en peer to peer Skype, un outil de téléphonie
par Internet aux performances hors du commun, même
en bas débit.
Le partage de fichiers ?
L'idée, apparue sur le Net avec le très
populaire format de compression audio MP3, le boom
du haut débit et surtout le célèbre
logiciel Napster, est très simple : au lieu
de se contenter et de garder jalousement leurs propres
disques, les utilisateurs d'un réseau peer
to peer mettent gratuitement leurs fichiers à
disposition de quiconque. Il résulte de
cette mise en commun une discothèque faramineuse
de quelques dizaines de millions de morceaux musicaux,
titres classiques mais aussi perles rares et enregistrements
pirates inconnus. Avec l'apparition du Divx, qui est
au DVD ce que le MP3 est au CD audio, la discothèque
s'est changée en une richissime médiathèque.
Et encore, on ne vous parle pas des logiciels, des
jeux vidéo et autres BD scannées qui
circulent presque librement sur le Net.
Pourquoi tant de bruit autour de Kazaa
?
A l'instar de Napster, qui a initié et popularisé
cette pratique, Kazaa
a le chic pour s'attirer de solides inimitiés.
A cela, trois raisons au moins :
1. Dans la courte histoire du peer to peer,
ce sont les deux réseaux qui ont connu le plus
vif succès auprès des internautes. Non
pas que ce soit le lieu des plus gros trafics de fichiers,
mais sans doute parce qu'ils constituent les réseaux
les plus simples d'accès pour le débutant,
et dans le cas de Kazaa, le mieux promotionné.
2. L'autre raison qui vaut à la société
Sharman Networks, propriétaire de Kazaa, ses
nombreux démêlés judiciaires,
est d'ordre technique et juridique : contrairement
à certains réseaux concurrents, toutes
les requêtes sur Kazaa doivent passer par des
serveurs centralisés. Comme en plus il
s'agit dans le cas présent d'une société
ayant pignon sur rue, les syndicats du disque, les
éditeurs de logiciels laisés ou encore
les grands studios hollywoodiens ont une cible toute
désignée, et bien plus facile à
identifier que les dizaines de millions d'internautes
qui recourent au service.
3. Kazaa
doit aussi sa mauvaise réputation auprès
des utilisateurs avertis, à la floppée
de spywares (logiciels espions) qu'il installe ou
a pu installer dans le passé. Un spyware
est un logiciel d'apparence anodine, destiné
à surveiller les habitudes des internautes
à des fins marketing, mais dont on ne sait
finalement pas grand chose sinon qu'ils sont indiscrets,
parfois installés à notre insu et peu
enclins à être désinstallés.
Dans la même veine, utiliser Kazaa
sans antivirus tient de l'inconscience tant ce réseau
est truffé de fichiers infectés.
Quel risque pour l'internaute-téléchargeur
?
On le sait, aux Etats-Unis, des poursuites
ont été engagées au cours
des derniers mois contre des internautes ayant téléchargé
des fichiers musicaux en violation du droit sur la
propriété intellectuelle. En Europe,
l'industrie du disque s'engage sur la même voie
et les premiers procès exemplaires sont annoncés
chez nos voisins dont la législation offrent
des motifs de poursuites. Quelques dizaines d'inculpés
pour des millions de justiciables, car on l'imagine
bien, il serait matériellement impossible de
poursuivre tous les internautes qui téléchargent
des fichiers sans en avoir le droit. Il n'empêche
qu'il ne fait pas bon être le bouc émissaire
du système. Quoi qu'il en soit, à ce
jour, en France, n'ont pour l'heure été
poursuivies que des personnes qui faisaient commerce
de fichiers pirates. Est-ce à dire que
l'internaute qui copie des CD pour son propre usage
uniquement est à l'abri ? Dans la pratique,
c'est encore le cas, mais il faut bien avoir à
l'esprit que l'on s'achemine vers une bien plus grande
sévérité avec l'adoption très
prochaine de la fameuse "loi pour la confiance
en l'économie numérique", transposition
en droit français d'une directive européenne
déjà en vigueur chez certains de nos
voisins, ceux-là mêmes où les
premières poursuites contre de simples utilisateurs
ont commencé. Autre point à ne pas perdre
de vue : si du fait d'une exception française,
nous disposons encore (pour peu de temps) d'un droit
à la copie privée, le téléchargement
d'un fichier protégé par des droits
d'auteur est répréhensible dès
lors que l'on n'en détient pas l'original.
Et n'allez pas vous imaginer que sur Internet vous
êtes anonyme : ce n'est jamais le cas.
Kazaa Media Desktop, le logiciel
Vu les quelques 2 millions de copie de Kazaa
téléchargées chaque semaine (au
dire de l'éditeur), il se trouvera bien quelqu'un
dans votre entourage pour vous mettre le pied à
l'étrier (commencez par interroger vos enfants,
vous pourriez être surpris par l'étendue
de leur culture informatique...). Nous ne rentrerons
donc pas dans les détails, d'autant que la
prise en main est quasi instantanée, que le
logiciel est proposée en version française
et qu'il est assorti d'une documentation détaillée
sur kazaa.com/fr.
En substance, il s'agit d'interroger un moteur
de recherche, exactement comme sur le web, en
précisant ou non le type de fichiers voulus.
Dans la liste des résultats, double cliquez
pour lancer le téléchargement, et armez
vous de patience. Une fois le téléchargement
achevé, vous pourrez écouter le MP3,
visionner le film ou utiliser le logiciel comme si
vous l'aviez acheté. Le système est
désarmant de simplicité, c'est
bien là le drame. Une formule que les boutiques
de téléchargement légales n'ont
pas encore trouvée en France.
En savoir plus
Kazaa
en détail sur la logithèque
Notre dossier sur les menaces
de poursuites : cliquez
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La contre offensive sur fond de défenses des
droits civils cliquez
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Notre dossier sur le téléchargement
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