ACTUALITE
Mars 2007
Patrick Ollier prend la tête de l'Assemblée nationale
Un vote boycotté par la gauche
"Monsieur le Président, le groupe socialiste ne présentera pas de candidat à l'élection du président de l'Assemblée nationale. Nous ne voulons pas nous faire l'arbitre des différents courants de l'UMP." C'est ainsi que Jean-Marc Ayrault, député PS et codirecteur de campagne de Ségolène Royal, a ouvert la séance du 7 mars à l'Assemblée nationale. Suivi du député communiste de Seine-Saint-Denis, Jean-Pierre Brard : "Cette journée sera si particulière qu'il n'y aura qu'un candidat - comme autrefois en Union Soviétique ! Le groupe des député-e-s communistes et républicains, en effet, n'en présentera pas."
En pleine campagne électorale, l'élection du nouveau président de l'Assemblée nationale ne pouvait qu'être particulièrement politisée, même si Patrick Ollier en était le seul candidat. Il avait été choisi, le matin même, au cours d'une "primaire" à l'UMP, écartant les deux autres prétendants : Claude Gaillard, député de Meurthe-et-Moselle et Yves Bur, député du Bas-Rhin et Vice-Président de l'Assemblée nationale. Celui qui est aussi le compagnon de Michèle Alliot-Marie a finalement été élu avec 248 voix, sur un total de 577 députés dont 350 UMP.
Un Président d'intérim
Le boycott de l'opposition peut s'expliquer en partie par l'enjeu limité de l'élection. Le nouveau président de l'Assemblée nationale a en effet été élu pour assurer l'intérim jusqu'au 19 juin prochain, après les élections législatives. Une fin de législature qui sera sans grande surprise, la session parlementaire étant clôturée depuis le 22 février dernier.
Mais Patrick Ollier, désormais quatrième homme de l'Etat français, n'en hérite pas moins de quelques avantages matériels non négligeables, d'un titre prestigieux et de fonctions importantes. Comme tout président de l'Assemblée nationale, il peut saisir le Conseil constitutionnel, est consulté par le Président de la République pour la mise en œuvre des pouvoirs spéciaux de l'article 16 et coordonne le travail parlementaire. Patrick Ollier a d'ores et déjà annoncé qu'il s'attelerait également à proposer des réformes pour renforcer le rôle du Parlement, "renforcer son efficacité, son pouvoir de proposition, ses moyens de contrôle de l'exécutif". Il s'est également engagé, lors de son premier discours de Président, à améliorer les conditions de travail des députés. Et a coupé court à toute polémique en affirmant, à propos des avantages dont bénéficient les président sortants : "Je m'engage à ne pas les utiliser lorsque je quitterai ma fonction de président de l'Assemblée nationale."
La consécration d'une carrière
Hasard de l'histoire, Patrick Ollier a été élu le jour anniversaire de la naissance de Jacques Chaban-Delmas, son père spirituel, à qui il a dédié sa présidence. Né en 1944, Patrick Ollier, qui vient d'une famille d'agriculteurs du Périgord, a une formation en économie mais s'est très vite intéressé à la politique. Dès l'âge de 16 ans, il milite pour le Général De Gaulle puis participe à la fondation, en 1965, de l'Union des jeunes pour le Progrès. Il fait ses premiers pas dans l'administration à la fin des années 1960, auprès de Jacques Baumel, alors secrétaire d'Etat à la Communication. Et c'est en 1970 que Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre de Georges Pompidou, l'appelle à son cabinet comme chargé de mission aux affaires parlementaires.
A partir de 1977, Patrick Ollier se lance dans la politique locale auprès de Jacques Baumel, député-maire de Rueil-Malmaison, dont il devient l'adjoint, puis le suppléant à l'Assemblée nationale pour le département des Hauts-de-Seine.
Le début des années 1980 sont marquées, pour Patrick Ollier, par une interruption de sa carrière dans l'administration. Il rejoint alors le groupe Beghin-Say, tout en continuant à militer au sein du RPR dont il intègre l'équipe nationale en 1986 et devient chargé des groupes parlementaires. La même année, les élections législatives mènent Jacques Chaban-Delmas à occuper la fonction de Président de l'Assemblée nationale. Patrick Ollier réintègre alors l'administration et devient conseiller politique du Président de l'Assemblée nationale.
En 1988, Patrick Ollier est élu député des Hautes-Alpes puis maire de La Salle les Alpes-Serre Chevalier (1989) et Conseiller général en 1992. Il sera reconduit dans ses mandats jusqu'en 2001. C'est en 2002 qu'il revient aux Hauts-de-Seine, département dont il est élu député. Il succède à Jacques Baumel à la mairie de Rueil-Malmaison en 2004.
Son élection récente à la tête de l'Assemblée nationale est la consécration de sa carrière. Son mandat ne durera certes que 3 mois, mais pourrait lui donner une certaine avance si Nicolas Sarkozy était élu Président de la République et qu'il obtenait une majorité, en juin, à l'Assemblée nationale.
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