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Dossier
Juin 2007
La France a-t-elle besoin d'un 2nd porte-avions ?
"A priori, nous aurons un second porte-avions", a déclaré le 25 juin Hervé Morin, ministre de la Défense. Effet d'annonce ou précautions oratoires ? S'il n'y a pour l'instant aucune certitude, la construction d'un nouveau bâtiment militaire français semble de plus en plus probable. Un enjeu militaire de taille : le 2nd porte-avion doit permettre à la France d'intervenir partout et à tout moment. "Si on est cohérent avec nous-mêmes, dès lors qu'on a décidé de maintenir un groupe aéronaval et d'avoir une capacité de projection de puissance sur la mer à tout moment, il faut un second porte-avion. C'est la volonté du Président de la République", a déclaré Hervé Morin sur France Inter. Le bâtiment doit en effet pallier les absences régulières du premier et unique porte-avions français, le Charles de Gaulle, disponible seulement 60% de son temps. Il vient de regagner le port de Toulon où une opération de maintenance et de réparations le maintiendra à quai pendant 18 mois, à partir du 31 juillet. Un partenariat avec la Grande-Bretagne Alors que Nicolas Sarkozy appelait, lors de sa visite au Salon du Bourget le 22 juin, à une "remise à plat" des programmes militaires français, le projet d'un second porte-avions, estimé entre 2,5 et 3 milliards d'euros, représente un investissement considérable. La France ne se lancerait donc pas seule dans cet immense chantier, mais s'associerait avec la Grande-Bretagne. Une formidable occasion de relancer un programme de coopération de grande ampleur entre les deux puissances, qui travaillent déjà ensemble depuis 2 ans sur la conception et développement d'un porte-avion. Leur défi : mettre au point un bâtiment compatible avec leurs différents systèmes d'armement et d'équipage. La Direction générale de l'armement à Paris a précisé qu'il y aurait "90% d'éléments communs dans le design du navire". Ce partenariat, stratégique et politique, aurait pour principaux objectifs de réduire les coûts de construction et de maintenance du bâtiment, et de faire avancer l'Europe de la Défense grâce à un programme industriel commun. Mais aucun accord n'a encore été signé entre la MOPA2, société de pilotage du programme français, et l'Alliance, son équivalent britannique. Un projet polémique Dépense inconsidérée ? Nécessité militaire ? La construction d'un deuxième porte-avions, qui avait déjà animé les débats de la campagne présidentielle, reste aujourd'hui polémique. A l'instar de Ségolène Royal qui avait proposé de réaffecter à l'école le budget d'un second bâtiment naval, les détracteurs ne voient dans ce projet qu'un gouffre financier, peu justifié par rapport à l'usage ponctuel qui serait fait du porte-avion. Les "pro" porte-avions défendent en revanche l'autonomie militaire française, ainsi que sa capacité d'intervention permanente. Le débat sera tranché par Nicolas Sarkozy qui, d'après Hervé Morin, devrait examiner bientôt "la totalité des problématiques budgétaires", avant de se prononcer "définitivement" sur la construction, ou non, d'un nouveau porte-avions. Le Président est acquis à la cause du nouveau bâtiment qu'il avait évoqué comme une "évidence politique et opérationnelle", à la fin de la campagne présidentielle. S'il est approuvé, le projet devrait être intégré à la prochaine loi de programmation militaire de 2009-2014.
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