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INTERVIEW
 
21/07/2006

"Acheter un château n'est pas un investissement, c'est une joie !"

Qui achète ces châteaux et à quel prix ? Comment se porte ce marché immobilier d'exception ? Quelles propriétés ont la cote ? Réponses de Patricia Hawkes, spécialiste de la vente de châteaux depuis 30 ans.

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Depuis quand travaillez-vous dans l’immobilier ?

Cette année nous fêtons notre 30ème anniversaire dans le métier. Nous avons commencer à vendre des châteaux fin 1976, chez "Hampton & Sons", une agence anglaise plutôt commerciale, avec une antenne à Paris. Le directeur, un bon ami, avait demandé à mon mari de les rejoindre pour vendre des châteaux chez eux, connaissant la passion qu’il avait pour l’architecture des grandes maisons en France, Irlande et Angleterre. Il était alors avocat en Grande-Bretagne et s'ennuyait plutôt !

 

Combien de ventes réalisez-vous en moyenne par année ?

Nous nous occupons de beaucoup de châteaux à la fois et nous signons entre six et trente affaires chaque année. Les prix obtenus s'échelonnent entre 15 000 et 20 millions d'euros.

 

Ce métier demande-t-il un savoir-faire très différent de celui d’un agent immobilier traditionnel ?

Oui, on a besoin d’énormément de patience. Les affaires peuvent prendre des années à se concrétiser, ou on peut travailler pendant des années sur un dossier et voir finalement une autre agence le vendre... Tout votre travail est alors gratuit pour les propriétaires !

 

Comment travaillez-vous pour "dénicher" des châteaux à vendre, et gagner la confiance de leurs propriétaires ?

Nous ne dénichons jamais des châteaux à vendre, et nous ne démarchons jamais les vendeurs. Les clients viennent toujours vers nous. Nous sélectionnons seulement les propriétés de qualité. De plus, nous n'aimons pas travailler avec des vendeurs trop gourmands, ceux qui mentent ou qui sont carrément désagréables. Nous refusons de prendre leurs propriétés en main.

 

Comment le marché français a-t-il évolué depuis que vous y travaillez ?

Il y a trente ans, nous étions seulement cinq ou six agences spécialisées dans la vente de jolies propriétés à la campagne en France. Aujourd’hui, je ne saurais plus les compter tant il y a de pages de publicité... Mais cela ne change pas notre travail de base, c’est juste qu’il y a beaucoup plus de compétition.

 

Vendre un château est-il difficile aujourd’hui ?

Extrêmement difficile. Je ne comprends pas pourquoi il y a autant de nouvelles agences consacrées à ce métier de vente de châteaux ! Les nouvelles agences dans ce créneau n’ont aucune ou peu d’expérience des prix obtenus dans les ventes, et elles demandent des prix à des niveaux franchement ridicules et irréalistes. Ils ont donc semé la pagaille dans notre métier actuellement.

 

Quel est le facteur le plus important dans le prix de vente ?

Ce sont les souhaits du vendeur. La plupart des clients nous demandent notre avis sur la valeur de leur bien, puis mettent leur château en vente à des prix déraisonnables ! L'écart entre le prix demandé et le prix obtenu varie entre 10 % et 100 % ces jours-ci, voire plus. Or, la propriété reste sur le marché des années et des années si on demande trop au début. Regardez toute la presse spécialisée : vous voyez les mêmes propriétés à vendre dans chaque numéro, et moi, je vois que les prix demandés sont excessifs, donc ils restent sans preneurs.

 

Quels types de biens sont les plus demandés ?

Des châteaux situés dans un environnement protégé, qui sont classés ou inscrits comme "Monument Historique".

 

Qui sont les "acheteurs" et les "vendeurs" de châteaux français ?
La plupart de nos clients sont des Français pour qui avoir un château dans la famille est une chose "normale".

 

Quelles sont leurs motivations ?

"S'amuser et sauver un bel édifice". Un château habité est un château sauvé !

 

La "vie de château" fait-elle toujours rêver ? Est-ce la réalité ou acheter un château est-il un investissement coûteux notamment en termes d’entretien ?

Il ne faut pas acheter un château sans un coup de foudre car l’achat devient très vite un fardeau et toutes vos priorités changent. Ce n'est pas un investissement, c’est une joie ! Parce que quand on arrive à revendre le château, c’est excessivement rare de faire un profit et, entre temps, il vous a coûté beaucoup plus qu’une maison normale en entretien...

 

Quel est pour vous le "château français idéal" ou la propriété dont vous avez été la plus fière de vous occuper ?

Le nôtre ! Un château XVème et XVIIIème que nous avons acheté en 1979 en Bourgogne. Il était pour moi : je suis l’aînée de sept enfants, c'était donc normal de vouloir vivre dans une grande maison !

 

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