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Les chiffres donnent le vertige : dans les jeux d'argent, on parle plus souvent en milliard qu'en million. Loto, PMU, Keno, Morpions, casinos… Si ces jeux rapportent parfois de jolies sommes aux joueurs, ce sont surtout l'Etat et les entreprises auxquelles il délègue son monopole qui touchent le jackpot.
Trois Français sur cinq jouent
34,77 milliards d'euros ont ainsi été dépensés dans les jeux par les Français en 2004. La Française des Jeux a récolté au passage 8,55 milliards de mises, les casinos 18,66 milliards et le PMU 7,56 milliards.
Le jeu est devenu un véritable phénomène de société. En 2004, trois Français sur cinq en âge de jouer ont participé à des jeux d'argent et certains tombent parfois dans une dépendance dévastatrice.
Cette proportion ne cesse d'augmenter tout comme le chiffre d'affaires des entreprises du secteur. Celui de la Française des Jeux culmine à 8,9 milliards d'euros pour 2005. On est loin des 43 millions d'euros de l'exercice qui a suivi le lancement du premier Loto en 1976. Le PMU n'est pas en reste avec 8 milliards d'euros de chiffres d'affaires.
EVOLUTION DU CA DE LA FRANCAISE DES JEUX
(En milliards d'euros)
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2005
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8,9 milliards |
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2000
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6,52 milliards |
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1995
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5,04 milliards |
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| 1990 |
2,71 milliards |
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| 1985 |
2,36 milliards |
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| 1980 |
1,01 milliards |
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| 1977 |
0,43 milliards |
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| Source : Française des Jeux |
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Et à voir les marges de progression enregistrées par les deux structures, on se demande presque jusqu'où cela va aller. Le PMU, numéro un en Europe des paris hippiques, numéro deux mondial, a enregistré une croissance de 6 % en 2005. Ces quatre dernières années, son chiffre d'affaires a augmenté de 30 %. C'est la huitième année consécutive de croissance pour l'entreprise qui dit représenter 61 000 emplois et comptabilise 6,5 millions de clients. De son côté, la Française des Jeux a enregistré une croissance 4,3 % en 2005.
315 millions de dollars de gains !
Pour les deux opérateurs de jeux, la croissance a été portée par le succès de nouveaux produits. Lancé en 2004, le jeu Euro Millions a assuré 77 % de la croissance de la Française des Jeux en 2005 et affiche à lui seul un chiffre d'affaires de 869 millions d'euros. Avec l'historique et toujours aussi bien portant Loto (1,48 milliards de chiffre d'affaires), Euro Millions enregistre une croissance de 10,8 %.
La famille des jeux à gratter est beaucoup plus sensible à la conjoncture. En 2003, année de morosité chez les Français, la gamme avait accusé une baisse. Aujourd'hui, après la modernisation de celle-ci et la relance de marques clés (Millionnaires, Astro, Banco, Vegas) les jeux à gratter se félicitent à nouveau d'une croissance de 1,5 % qui a bénéficié du lancement réussi du concept de jeu 7Extra.
Même scénario du côté du PMU où le lancement du Nouveau Quinté + en début d'année a permis d'engranger 2,86 milliards d'euros. Au final, pour faire face à la demande, la Française des Jeux a ouvert 1 200 nouveaux points de vente tandis que le PMU essaye de s'adapter à une nouvelle clientèle, plus jeune, en lançant de nouveaux concepts comme Pariez spOt.
L'engouement des Français pour les jeux d'argent est entretenu par la mise en jeu de gains toujours plus énormes. 2005 aura été l'année des records en France. Un chômeur de Franconville a gagné 75 888 514 euros au jeu Euro Millions. C'est la plus grosse somme jamais remportée en France. Un turfiste a lui empoché 5 015 849 euros, le record au PMU.
A l'échelle de l'Europe, c'est une Irlandaise qui arrive en tête avec plus de 115 millions d'euros. Et de l'autre côté de l'Atlantique, Andrew Jackson Whittaker Jr avec ses 315 millions de dollars de gains tient le haut du pavé. Des perspectives qui feront encore longtemps rêver les joueurs pour le plus grand plaisir des opérateurs de jeux… et de l'Etat.
En savoir plus
» Française des Jeux : www.fdjeux.com
» PMU : www.pmu.fr
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