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Michel Desbois est directeur de recherche au laboratoire
de météorologie du CNRS-Polytechnique.
Une étude met en lumière le lien entre le
réchauffement climatique et les cyclones : est-ce vraiment
nouveauté ?
C'est une avancée mais cela confirme des intuitions
que nous avions déjà : on sait bien que les
cyclones tropicaux se développent au-dessus des endroits
où la température est chaude, et précisément
dans les régions tropicales où on observe le
développement d'anomalies au niveau de la température
de la mer, depuis une trentaine d'années : dans certaines
zones, comme Cuba, la température a augmenté
d'un degré.
Quelle influence a le réchauffement climatique
sur ces cyclones ?
La plupart des études que nous connaissons montrent
qu'avec le réchauffement de la planète ce n'est
pas le nombre de cyclones qui augmente, mais leur puissance.
Le cyclone s'alimente de l'humidité qui est très
forte là où la mer est chaude. Or le réchauffement
climatique humidifie et réchauffe encore davantage
les basses couches de l'atmosphère et refroidit la
haute région des nuages. On a donc un plus grand contraste
entre surface et l'altitude, ce qui augmente l'énergie
qui peut potentiellement se libérer du cyclone. Mais
il est encore difficile d'évaluer l'impact réel
de ce réchauffement car la force et le nombre des cyclones
oscillent naturellement tous les 20-30 ans. Dans cette étude,
les deux effets se superposent. Il faudrait pouvoir faire
une étude sur une plus longue période.
Ces zones cycloniques pourraient-elles se déplacer
et toucher un jour l'Europe ?
Non, on n'en est pas là, même dans les cinquante
prochaines années
En France, c'est complètement
exclu. Au nord, les cyclones remontent au maximum au niveau
du Japon et de la Caroline du Nord aux Etats-Unis. Au sud, ils
touchent surtout Madagascar, la Réunion, l'océan
indien, la baie du Bengale.
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"En
France, on observe un assèchement en région
Méditerranée lié au réchauffement
climatique"
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En matière de prévision de la formation
et de la trajectoire des cyclones, où en est la recherche
?
Depuis longtemps des efforts sont faits grâce aux satellites
pour étudier les endroits où se forment les
cyclones. Mais aujourd'hui encore, il existe plusieurs modèles
concurrents pour essayer de prévoir leur trajectoire.
A mon avis, nous pouvons faire des progrès de précision
en incluant plus d'informations provenant des satellites.
Dans le cas d'Ophélia, par exemple, le cyclone longeait
la côte relativement au Nord, au large de la Caroline
du Nord, mais il y a une erreur de 10 ou 20 kilomètres
dans l'estimation de la trajectoire. Cette erreur était
due à une divergence entre les différents modèles.
Le réchauffement climatique peut-il causer des
tempêtes comme celle de 1999 en France ?
En France, la température a augmenté d'un degré
par rapport au siècle dernier. Mais on ne peut pas
affirmer que la tempête de 1999 soit liée au
réchauffement climatique. En revanche, on observe un
assèchement en région Méditerranée.
Et tous les ans, à l'automne, des pluies très
fortes provoquent des inondations dans les Cévennes.
Selon les modèles de notre laboratoire et de Météo
France, ces deux phénomènes s'accentuent en
France et pourraient être directement liés au
réchauffement climatique.
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