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Le président Nicolas Sarkozy (c), son homologue sud-africain Thabo Mbeki (g) et le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, le 25 juillet 2008 à Bordeaux (Photo Patrick Bernard/AFP)

Vendredi 25 juillet 2008, 21h00
L'Union européenne a apporté, vendredi à Bordeaux, son soutien à l'Afrique du Sud dans sa médiation "courageuse" au Zimbabwe, "seule voie possible dans l'immédiat" pour sortir le pays de la crise dans laquelle il est plongé depuis la réélection controversée de Robert Mugabe.

L'UE et l'Afrique du Sud tenaient leur premier sommet, dans la capitale girondine, en présence des présidents français Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, sud-africain Thabo Mbeki et de la Commission européenne Jose Manuel Barroso.

Ce sommet de quelques heures, écourté par M. Sarkozy en raison de l'arrivée en France du candidat démocrate à la présidence des Etats Unis, M. Barack Obama, a été dominé par la question zimbabwéenne. Bruxelles a voté mardi de nouvelles sanctions contre Harare. La médiation de Prétoria pour rapprocher les points de vue de Robert Mugabe et de son opposition est très critiquée.

"Moi, je ne parlerai pas à M. Mugabe parce que j'ai un jugement très sévère sur ce qu'il a fait, mais on ne peut pas reprocher au président Mbeki d'être médiateur et de parler avec les parties", a affirmé M. Sarkozy, lors d'une conférence de presse commune avec MM. Mbeki et Barroso.

Le président français Nicolas Sarkozy (d) et son homologue sud-africain Thabo Mbeki, le 25 juillet 2008 à Bordeaux (Photo Patrick Bernard/AFP)

Robert Mugabe a été réélu le 27 juin lors d'un simulacre de présidentielle, et après de multiples violences dans son pays, ce qui avait poussé le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai à se retirer de la course.

Une large part de la communauté internationale juge "illégitime" sa réélection.

Selon M. Sarkozy, "il y a un accord (au sein de l'UE) pour soutenir la médiation courageuse du président Mbeki".

Pour l'UE, "ce qui s'est passé est inacceptable, la médiation de Thabo Mbeki doit être soutenue parce qu'il n'y a pas d'autre voie possible dans l'immédiat, il faut (lui) donner un peu de temps mais pas trop de temps", a dit M. Sarkozy.

De son côté, le président sud-africain a estimé que les parties au Zimbabwe devaient "arriver rapidement à un accord". "Je suis très reconnaissant à l'UE pour son soutien", a-t-il ajouté. Il a précisé que lors de ses discussions avec MM. Sarkozy et Barroso, "on n'a pas parlé des sanctions" envers Harare.

Interrogé sur l'éventualité du départ de Robert Mugabe du pouvoir, le président Mbeki a éludé: "la question doit être décidée par les Zimbabwéens eux-mêmes".

Dans une déclaration commune, "l'UE a rappelé qu'elle souhaitait voir former un gouvernement de transition" au Zimbabwe, et indiqué qu'elle était "prête à prendre de nouvelles mesures en l'absence d'évolution positive".

La question du Soudan et du Darfour (ouest), ravagé depuis 2003 par une guerre civile, a également été abordée.

Par la voix de M. Sarkozy, Bruxelles et Pretoria ont appelé "le président soudanais (Omar) el-Béchir à faire les gestes et les efforts nécessaires pour que la communauté internationale comprenne qu'il a reçu le message qui lui a été adressé par le procureur général" de la Cour pénale internationale.

Luis Moreno-Ocampo a demandé le 14 juillet aux juges d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais, qu'il accuse de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour.

Autres sujets discutés: l'approfondissement du "partenariat stratégique" entre l'UE et l'Afrique du Sud, le réchauffement climatique ou encore l'immigration.

Enfin, M. Mbeki a salué la "grande initiative de la Commission européenne", que représente à ses yeux la proposition de Bruxelles de débloquer un milliard d'euros pour l'agriculture et les cultures vivrières dans les pays en voie et développement.

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