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Jean-Louis Muller à l'ouverture de son 3e procès le 21 octobre 2013 à la Cour d'assises de Nancy (Photo Jean-Christophe Verhaegen/AFP)

Lundi 21 octobre 2013, 10h53
Le troisième procès de Jean-Louis Muller, un ancien médecin légiste déjà condamné à deux reprises à 20 ans de prison pour le meurtre de sa femme mais qui clame son innocence, s'est ouvert lundi à la Cour d'assises de Nancy.

"C'est une affaire extrêmement difficile. Nous avons deux semaines pour en débattre complètement. Je réserverai mes commentaires à la Cour et aux jurés", a déclaré avant l'ouverture l'avocat de M. Muller, Eric Dupond-Moretti, ajoutant avoir l'intention de se "faire entendre".

Crime passionnel ou suicide? Aucune preuve formelle n'a jamais pu venir étayer l'accusation, qui se base sur d'innombrables expertises, souvent contradictoires et parfois fluctuantes, mais qui a déjà emporté à deux reprises la conviction des jurés populaires, en 2008 et 2010, aux Assises du Bas-Rhin puis du Haut-Rhin.

Mais le dossier, exceptionnel sur le fond, l'est également dans la forme, puisque la Cour de cassation a annulé le verdict de condamnation en appel, et renvoyé l'affaire devant la Cour d'assises à Nancy pour un troisième procès, un cas de figure rarissime.

Les armes à feu exposées au procès en appel devant la cour d'assises de Colmar du docteur Jean-Louis Muller, ancien expert en médecine légale, le 14 juin 2010 (Photo Frederick Florin/AFP/Archives)

Jean-Louis Muller, 57 ans, se présente libre, comme lors de ses deux premières comparutions. Il n'a été incarcéré qu'environ 18 mois depuis le début de l'affaire. Vêtu d'un costume sombre, il n'a pas fait de déclarations à la presse à son arrivée à la Cour d'assises.

Assis droit dans son box derrière ses avocats, une main posée sur l'autre, l'accusé a décliné son identité à la Cour. "Ma profession actuelle, c'est gérant. Mon ancienne profession, j'étais médecin", a-t-il dit d'un ton calme et posé.

Condamné à deux reprises par une cour d'assises, cet ancien médecin légiste, auteur d'une thèse sur "les effets des projectiles de petit calibre", a toujours affirmé que sa femme s'était suicidée le soir du 8 novembre 1999.

La victime envisageait de quitter son mari

Cette documentaliste de 42 ans s'est-elle bien donné la mort dans la salle de jeux de ses enfants, au sous-sol du domicile conjugal d'Ingwiller (Bas-Rhin), à l'aide du 357 Magnum de son époux ? Ou bien Jean-Louis Muller a-t-il utilisé ses compétences médico-légales pour réaliser le crime parfait et le maquiller en suicide ?

Eric Dupond-Moretti, l'avocat de de Jean-Louis Muller, à son arrivée le 21 octobre 2013 au palais de justice de Nancy (Photo Jean-Christophe Verhaegen /AFP)

Le parquet ayant lui-même dans un premier temps rapidement conclu à un suicide, une autorisation d'incinérer avait été accordée quelques jours plus tard. Mais la famille de Brigitte Muller n'a pas voulu y croire, mettant en avant notamment son aversion pour les armes et son amour pour ses enfants. De plus, le couple semblait battre de l'aile.

La poudre retrouvée sur les vêtements de l'accusé et l'absence d'empreintes sur l'arme sont autant d'éléments troublants sur lesquels les jurés auront à se pencher au cours de ces deux semaines.

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