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Barack Obama à son retour le 27 décembre 2012 à Washington (Photo Mandel Ngan/AFP)

Vendredi 28 décembre 2012, 13h19
Le président américain Barack Obama retrouve vendredi les chefs de file du Congrès pour tenter d'éviter in extremis une cure d'austérité radicale aux Etats-Unis le 1er janvier, sur fond de pessimisme quant à la perspective d'un accord avec ses adversaires républicains.

Le président et ses alliés démocrates, le chef de la majorité au Sénat, Harry Reid, et la dirigeante de la minorité à la Chambre des représentants Nancy Pelosi, retrouveront leurs interlocuteurs républicains, le président de la Chambre, John Boehner, et le chef de la minorité au Sénat, Mitch McConnell.

La rencontre doit débuter à 15H00 locales (20H00 GMT), ont précisé les services de M. McConnell et ceux de M. Boehner.

M. Obama est revenu la veille de son archipel natal d'Hawaï (Pacifique) où il a écourté ses vacances, pour tenter d'arracher un compromis.

Le chef de la minorité républicaine au Sénat Mitch McConnell le 27 décembre 2012 au Capitole à Washington (Photo Drew Angerer/AFP/Getty Images)

M. Boehner, principal interlocuteur de M. Obama dans la crise dite du "mur budgétaire" depuis plus d'un mois, avait affirmé mercredi que c'était au Sénat, contrôlé par les alliés de M. Obama, de faire le prochain pas en se prononçant sur des textes budgétaires déjà adoptés par la Chambre.

Mais M. Reid n'a pas semblé prêt à une telle concession jeudi. Il a fait peser sur M. Boehner la responsabilité de l'impasse et dit son pessimisme sur la perspective d'un accord: "Nous allons dans le mur (...) et la Chambre n'est pas là".

Le bureau du chef de la majorité de la Chambre, Eric Cantor, a ensuite indiqué que les membres de cette assemblée étaient convoqués dimanche soir pour reprendre leurs débats.

Nettement réélu en novembre, M. Obama a déjà rejeté les propositions républicaines, estimant qu'elles ne demandent pas suffisamment d'efforts aux contribuables les plus aisés et tentent de réduire les déficits en s'attaquant surtout aux dépenses.

Evolution de la dette publique américaine de 2000 à 2013 (Photo /AFP)

Au coeur du débat se trouve en effet la question d'un rééquilibrage des comptes publics, après quatre exercices où le déficit a dépassé les 1.000 milliards de dollars, soit jusqu'à 10% du budget.

Cocktail de rigueur

M. Obama veut que ce rééquilibrage s'effectue notamment en augmentant le taux d'imposition des foyers aux revenus supérieurs à 250.000 dollars, tout en prolongeant les allègements fiscaux hérités de la présidence de son prédécesseur George W. Bush pour 98% des contribuables.

Faute d'accord, les impôts de tous les Américains augmenteront à partir du 1er janvier de 2.200 dollars en moyenne par foyer fiscal, selon la Maison Blanche.

En outre, au même moment sont censées entrer en vigueur des coupes drastiques, notamment dans le budget de la Défense, une mesure héritée d'un accord entre démocrates et républicains datant de 2011.

Ce cocktail de rigueur risque de faire replonger la première économie mondiale dans la récession, ont prévenu des économistes. Alors que les négociations piétinent, le moral des ménages américains a fortement chuté pour le deuxième mois consécutif, selon un indice publié jeudi, tandis que les marchés mondiaux observaient les développements à Washington avec nervosité.

A cette situation est venue s'ajouter mercredi la perspective d'une nouvelle empoignade sur le relèvement du plafond de la dette, une procédure qui avait déjà mis les Etats-Unis au bord du défaut de paiement pendant l'été 2011 en raison de l'insistance des républicains à compenser ce relèvement par des coupes dans les dépenses.

Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a prévenu que ce plafond serait atteint lundi et que des "mesures exceptionnelles" seraient "bientôt" prises pour éviter un défaut de paiement.

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