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Laurent Castaing, directeur général de STX France, lors d'une conférence de presse à Saint-Nazaire le 28 décembre 2012 (Photo Frank Perry/AFP)

Vendredi 28 décembre 2012, 20h50
Le contrat historique d'environ un milliard d'euros pour la construction de l'un des plus grands paquebots au monde, signé par STX France à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), donne un formidable coup de pouce aux célèbres Chantiers qui vont pouvoir poursuivre leur diversification.

"C'est un beau cadeau de Noël", s'est réjoui Thierry, vendredi à Saint-Nazaire, un salarié des ateliers peinture qui ne s'attendait pas à cette annonce.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a qualifié sur RTL de "bouffée d'oxygène" la commande, y voyant un motif d'"espoir pour l'industrie française". Ancien député de Loire-Atlantique, il a reconnu s'être "personnellement" impliqué dans le dossier, comme il le fait "sur d'autres gros dossiers".

L'américain Royal Caribbean International (RCI), numéro 2 mondial de la croisière, a choisi STX France face aux chantiers STX de Turku (Finlande), avec lesquels ils étaient en compétition.

"C?est le douzième navire construit en France avec les chantiers de Saint-Nazaire, et qui nous offre l?occasion d?affirmer notre proximité et notre volonté de renforcer notre présence en Europe et plus particulièrement en France", s'est réjouie Belen Wangüemert, directrice générale de Royal Caribbean Cruises Ltd. pour la France et l?Espagne.

Le navire Europa 2 en construction aux chantiers navals de Saint-Nazaire le 28 décembre 2012 (Photo Frank Perry/AFP)

"Cela nous permet également de consolider notre place de deuxième acteur du marché de la croisière dans le monde", a-t-elle ajouté.

Le géant des mers, livrable en 2016, sera le troisième navire de croisière de la classe "Oasis", un mastodonte de plus de 360 mètres de long, 47 mètres de large et comportant 16 ponts. STX France, qui a annoncé la nouvelle jeudi soir, a ajouté qu'une option avait été posée pour la construction d'un quatrième "Oasis" pour 2018.

Détendu et visiblement satisfait, Laurent Castaing, le directeur général des Chantiers STX de Saint-Nazaire, s'est offert depuis jeudi soir un marathon médiatique.

"Nous nous réjouissons de cette commande", a-t-il dit, en précisant que ses équipes ont bouclé le plan de financement, avec l'aide active de Bercy, en "cinq semaines". "Sans le soutien de Bercy, cela n'aurait pas été possible" mais "il n'y pas eu d'aide directe de l'Etat", a-t-il dit.

Le navire Europa 2 en construction aux chantiers navals de Saint-Nazaire le 28 décembre 2012 (Photo Frank Perry/AFP)

La Finlande a d'ailleurs exprimé des doutes sur ce point vendredi, s'interrogeant sur la nature du soutien des autorités françaises à STX France. "Nous voulons nous assurer que les Français ont respecté les règles de l'UE", a dit le ministre finlandais de l'Economie, Jan Vapaavuori, à la télévision.

Ce à quoi son homologue français Pierre Moscovici a répondu: "Nous avons tout fait pour sauver les Chantiers de l'Atlantique dans le respect parfait des règles européennes, évidemment".

Envisager des embauches

"L'équipe de France a changé de vitesse", a estimé M. Castaing, alors que l'inertie du gouvernement Fillon avait été pointée du doigt par certains analystes et syndicats en mars 2012 lors de la perte de commande de deux paquebots Viking pour une question de bouclage de financement.

"Mais le chantier a besoin d'autres commandes pour lisser ses charges" et maintiendra les efforts entrepris vers la diversification, notamment en direction des énergies marines renouvelables, a-t-il ajouté.

"Le prix du bateau est de 900 millions à 1 milliard d'euros, selon nous, mais tout dépend ce qui est intégré dans le montant", a précisé M. Castaing devant la presse.

Interrogé sur la marge des chantiers sur cette commande, il a néanmoins reconnu: "On ne va pas en gagner, on ne va pas en perdre (de l'argent, ndlr)". "Avec un deuxième, (...) les choses peuvent s'améliorer", a-t-il ajouté.

"Le montage s'est fait avec un pool de quatre banques, dont trois françaises, encore ouvert si d'autres partenaires veulent s'y ajouter", a-t-il aussi précisé.

Selon le DG de STX France, une équipe de RCI doit arriver "dans les prochaines semaines" à Saint-Nazaire et le début de la construction est prévu pour septembre 2013.

Interrogé par l'AFP vendredi matin, M. Castaing a aussi estimé que la commande, ainsi que l'option sur un deuxième navire, permettraient de sécuriser l'emploi actuel et d'envisager de nouvelles embauches.

Pour Joël Cadoret, de la CGT des chantiers, la nouvelle commande est "une bouffée d'air, un soulagement". Mais "notre syndicat maintient qu'il est indispensable d'élaborer une politique industrielle ambitieuse", a-t-il tempéré.

Dans un communiqué commun avec la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, Pierre Moscovici a souligné vendredi que "ce contrat supérieur à 1 milliard d'euros représente plus de 10 millions d'heures de travail, réparties sur trois ans" pour les chantiers et ses sous-traitants.

A l'Assemblée nationale, M. Moscovici avait promis le 18 décembre de "sauver les Chantiers de l'Atlantique", l'ancien nom des chantiers STX de Saint-Nazaire.

La nouvelle commande est bienvenue pour le tissu économique nazairien, où STX emploie directement 2.100 personnes et fait travailler quelque 4.000 sous-traitants, mais aussi pour le secteur industriel national qui, de l'automobile (PSA) à la sidérurgie (ArcelorMittal) en passant par l'électronique (Alcatel-Lucent), a été marqué récemment par des plans sociaux et restructurations douloureuses.

La commande est intervenue alors que le ministère du Travail a annoncé jeudi une nouvelle hausse de 29.300 demandeurs d'emploi sans activité en novembre, 19e mois consécutif d'accroissement du chômage.

Depuis un peu plus de six mois, STX Saint-Nazaire était touché par du chômage partiel, et selon les syndicats certains sous-traitants avaient commencé à licencier.

STX France est détenu à 33% par l'Etat et 66% par STX Europe (filiale du sud-coréen STX Shipbuilding).

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