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Un soldat sur le marché de Bangui le 28 décembre 2012 (Photo Sia Kambou/AFP)

Vendredi 28 décembre 2012, 17h26
Les pays d'Afrique Centrale ont entamé vendredi une médiation en Centrafrique pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu et des négociations entre le régime du président François Bozizé et la rébellion qui le menace.

La Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) veut réunir les belligérants à une table de négociation début janvier, probablement à Libreville au Gabon, a appris l'AFP auprès de la Force multinationale d'Afrique centrale, une force de pacification régionale présente dans le pays depuis 2008 et qui compte quelques centaines d'hommes.

"L'objectif est d'arriver à des négociations le 10 janvier. La mission est arrivée hier (jeudi) soir à Bangui. Elle a commencé les discussions avec le pouvoir ici à Bangui et a envoyé une délégation à Ndélé pour rencontrer les rebelles", a-t-on indiqué de même source.

Cette mission de médiation est dirigée par le général congolais (Brazzaville) Guy-Pierre Garcia, secrétaire général adjoint de la CEEAC, et elle est composée de six personnes.

Une affiche montrant le président de la république centraficaine François Bozizé, le 28 décembre 2012 à Bangui (Photo Sia Kambou/AFP)

Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC devaient se rencontrer vendredi à Libreville pour discuter de la crise centrafricaine, selon une source au ministère gabonais des Affaires étrangères.

A Bangui, la situation était calme vendredi, mais les Américains ont néanmoins décidé d'évacuer entièrement leur ambassade.

"L'ambassade des Etats-Unis à Bangui a provisoirement suspendu ses opérations le 28 décembre en raison de la situation sécuritaire (...). L'ambassadeur Wohlers et son équipe diplomatique ont quitté Bangui", a annoncé dans un communiqué le département d'Etat jeudi soir.

L'ambassade de France, caillassée par des jeunes il y a deux jours, faisait elle l'objet d'une protection importante de l'armée française, tandis que des employés ramassaient les innombrables pierres jetées sur l'édifice le 26 décembre.

Jeudi, le président centrafricain avait publiquement appelé à l'aide la France et les Etats-Unis pour le soutenir contre l'Alliance rebelle Séléka, qui en deux semaines s'est emparé de plusieurs villes clés et menace de le renverser.

Mais le même jour, le président français François Hollande a réfuté tout soutien au régime centrafricain.

Des femmes prient devant une statue du fondateur de la république centrafricaine, Barthélemy Boganda, le 28 décembre 2012 à Bangui (Photo Sia Kambou/AFP)

Sans être généralisé, un sentiment anti-français commençait à apparaître vendredi chez une partie de la population, probablement instrumentalisé par des radicaux du régime.

"Vous, les Français vous en voulez à notre pétrole, à notre sous-sol. Mais un jour on va s'en prendre à vous, on va en tuer un! Vous faire partir! ", a lancé un douanier à un journaliste de l'AFP, qui a été pris à partie à deux reprises par des Banguissois sur le même sujet. Plusieurs témoignages de Français à Bangui vont dans le même sens.

Dans la matinée, une manifestation pour la paix a réuni dans la capitale environ 300 femmes, à l'initiative d'associations proches du régime, qui cherche à faire pression sur la communauté internationale pour qu'elle intervienne.

"Notre pays est en danger. On veut la paix. On tue nos frères dans l'arrière-pays. Il faut que le Séléka cesse les combats", a affirmé Estelle Loka, femme au foyer et mère de trois enfants.

"Il faut que la France nous défende. Certains sont mécontents de la France parce qu'ils ne nous défendent pas alors que c'est notre parrain. Il faut que la France vienne au secours de la RCA (République centrafricaine)" a-t-elle poursuivi, assurant "ne pas avoir de problèmes avec les Français".

Dans un discours, la présidente de l'organisation des femmes centrafricaine, Marguerite Kofio, a demandé au nom des "femmes centrafricaines aux chefs d'Etat de la sous-région de veiller à ce que le mandat du président Bozizé aille jusqu'à son terme".

La coalition rebelle du Séléka a pris les armes le 10 décembre pour réclamer le respect d'accords de paix signés avec le gouvernement entre 2007 et 2011, qui prévoyaient des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion.

La Centrafrique, pays enclavé de cinq millions d'habitants, parmi les plus pauvres de la planète, était engagé depuis 2007 dans un processus de paix après des années d'instabilité, de multiples rébellions, mutineries militaires et putschs qui ont ravagé son tissu économique et l'ont empêchée de tirer profit de ses ressources naturelles.

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