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Le logo de la banque Dexia, à Tournai en Belgique (Photo Philippe Huguen/afp.com)

Vendredi 28 décembre 2012, 20h56
Le groupe bancaire Dexia a refermé vendredi un chapitre douloureux de son histoire et va pouvoir mener à bien son démantèlement, grâce au feu vert donné par Bruxelles à son plan de sauvetage, épilogue d'un dossier complexe entre la France et la Belgique.

Sauvée de la faillite à l'automne 2008, le groupe franco-belge a été durement frappé par la crise de la dette, ce qui a rendu nécessaire un second sauvetage en octobre 2011 sur lequel vient de se prononcer la Commission européenne.

"Le plan que nous avons validé permet de s'assurer que le maintien sur le marché de certaines parties du groupe Dexia est réellement justifié (...) et que les distorsions de concurrence résultant des aides reçues seront minimisées", a commenté Joaquin Almunia, le commissaire européen en charge de la Concurrence.

"Enfin, ce plan permet de réduire le coût pour le contribuable au niveau strictement nécessaire à la mise en oeuvre du processus de résolution ordonnée", a-t-il ajouté, se disant "heureux" de la décision prise.

Le feu vert de Bruxelles évite à Dexia de connaître une résolution désordonnée, lourde de conséquences, qui aurait ravivé le spectre de la banque américaine Lehman Brothers, qui a fait faillite en septembre 2008.

"Ceci permettra d'éviter la matérialisation du risque systémique que représenterait, à l'échelle de la zone Euro, une dissolution immédiate du groupe", a renchéri Dexia dans un communiqué, saluant une "étape décisive".

Mais le tribut est lourd pour l'ancien groupe spécialisé dans le financement des collectivités locales qui est littéralement démembré.

Le Pdg de Dexia, Karel De Boeck (deuxième en partant de la droite), lors d'une assemblée générale extraordinaire de la banque, le 21 décembre 2012 à Bruxelles (Photo Laurie Dieffembacq/afp.com)

Outre un important plan de cessions, le sauvetage de Dexia passe par la "mise en gestion extinctive" de la holding du même nom et par la restructuration de Belfius (ex-Dexia Banque Belgique), l'ancienne filiale du groupe qui a été nationalisée par l'Etat belge.

La banque de dépôt va désormais se réorienter vers ses activités clés de banque-assurance et s'est engagée auprès de la Commission à réserver son bénéfice au renforcement de ses fonds propres et à ne pas réaliser d'acquisitions majeures d’ici fin 2014.

Enfin, Dexia Municipal Agency (DMA), le véhicule de refinancement de Dexia qui permet d'emprunter sur les marchés pour prêter aux collectivités, sera lui adossé à une nouvelle banque de développement en France, à laquelle participeront l'Etat français, la Caisse des Dépôts et la Banque Postale.

Cette entité "remédiera aux défaillances de marché pour le financement du secteur public local", a avancé M. Almunia.

Elle octroiera exclusivement des prêts dans des secteurs où il existe une défaillance de marché bien identifiée, à savoir les prêts aux collectivités locales françaises et aux hôpitaux publics français, souligne-t-on à Bruxelles.

Des garde-fous sont par ailleurs prévus pour éviter l’éviction des financements privés, ce qui garantit des conditions équitables entre concurrents au sein du marché unique.

Même s'il éloigne les scénarios catastrophes, le sauvetage de Dexia va peser lourd pour les Etats concernés: la France et la Belgique ont accepté d'injecter 5,5 milliards d'euros pour mener à bien son démantèlement, qui devrait s'étaler sur plusieurs années au minimum, voire plusieurs décennies.

Le siège de la banque franco-belge Dexia à La Défense (Photo Eric Piermont/afp.com)

Les deux Etats, ainsi que le Luxembourg vont également garantir le financement de Dexia à hauteur de 85 milliards d'euros.

Des sommes qui viennent s'ajouter à celles du premier sauvetage de la banque, qui avait été frappé par la crise financière de 2008.

Pour lui éviter la faillite, la Belgique, la France et le Luxembourg l'avaient renflouée à hauteur de 6,4 milliards d'euros et lui avaient déjà apporté d'importantes garanties publiques.

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