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Des cinéphiles pendant le jeu de rôle "Secret Cinema" à Londres, le 1er décembre 2012 (Photo Will Oliver/AFP)

Jeudi 03 janvier 2013, 12h17
Dans des bus d'après-guerre, 400 amateurs de cinéma arrivent dans une prison londonienne, réduits au silence par des mâtons. Bienvenue à "Secret Cinema", jeu de rôle où les spectateurs sont immergés dans l'univers d'un film, via des décors bluffants, avant de le découvrir à l'écran.

Etudiantes, cadres sup ou retraités, les participants venus en groupe ou en amoureux, ont payé chacun 43,5 livres (53,5 euros) pour cette expérience hors du commun, où le spectacle n'est pas seulement sur l'écran. La soirée se terminera par la projection d'un film dont ils ignorent encore tout.

Mais avant ça, rendez-vous avait été donné à 18H00 dans une bibliothèque de l'est de la capitale. Seules instructions: venir en costume des années 50 et porter un caleçon long en-dessous.

A la sortie de la station de métro de Bethnal Green, feutres et costumes croisés se pressent joyeusement pour cette expérience dans l'esprit de The Rocky Horror Picture Show.

"+Secret Cinema+ est né de l'idée de créer une expérience dans laquelle vous ne dites rien aux gens, ils n'ont aucune idée de ce qu'ils vont vivre et du film qu'ils vont voir. Ca les rend plus ouverts, plus téméraires", explique à l'AFP Fabien Riggall, 37 ans, le créateur de cette aventure, lancée en 2007.

Si les premières productions d'alors ont été vues par quelque 400 participants, la dernière en a accueilli 13.500 au total en novembre.

Dans la bibliothèque, ces spectateurs interactifs découvrent une salle de tribunal plongée dans la pénombre.

Un acteur, devenu juge, condamne à tour de bras des cinéphiles dans le jeu de rôle "Secret Cinema" (Photo Will Oliver/AFP)

Les uns après les autres, ils sont condamnés par un juge à la voix de Stentor: "Ed Marshall, enlèvement, huit ans de prison", "Simon Newman, deux ans pour bigamie", sous les rires de l'assemblée.

Escortés par des gardiens de prison en uniforme, les 400 condamnés du jour quittent les lieux en file indienne et traversent une rue, sous le regard éberlué des automobilistes.

"C'est tellement humiliant", murmure une prisonnière musulmane, portant voile et costume.

Un bus d'époque les amène dans le décor suivant, un pénitencier planté dans une école désaffectée.

"La magie a opéré"

Sous le regard de gardiens postés sur des miradors, des prisonniers en tenue de toile grise et matricule jouent au basket dans la cour, sous le feu de puissants projecteurs.

Des cinéphiles font des pompes sous le regard de gardiens de prison dans le jeu de rôle "Secret Cinema" à Londres (Photo Will Oliver/AFP)

"Vous avez 15 secondes pour récupérer votre tenue de prisonnier", hurle un gardien aux nouveaux arrivants réunis dans un vaste hall.

Vient alors un strip-tease imposé et gare à ceux qui n'ont pas suivi les consignes de porter un caleçon long!

"Si vous jouez le jeu, c'est fantastique", témoigne Andy qui a participé à six des 19 productions et juge qu'à "chaque fois, c'est plus impressionnant et plus sympa".

Il s'est ainsi notamment déguisé en bédouin pour la projection de "Lawrence d'Arabie" dans un parc londonien ou en patient psychiatrique pour "Vol au-dessus d'un nid de coucou" projeté dans un hôpital désaffecté.

Trente acteurs dramatisent l'univers carcéral en simulant viols et exécutions ou en chantant en soutien d'un prisonnier envoyé au "mitard".

Mais l'ambiance se détend dans l'infirmerie (le bar) qui fournit des médicaments (bière, eau et hamburgers...).

Pour Jos, un jeune Néerlandais qui a choisi de vivre à Londres "pour ce genre d'expériences", "la magie a opéré". "J'espère que d'autres villes dans le monde vont le faire".

Un voeu qui deviendra réalité en avril, la 20e production de "Secret Cinema" devant être organisée simultanément dans des sites insolites de Londres --déjà complet--, New York et Athènes.

Après avoir expérimenté l'univers carcéral pendant trois heures, les prisonniers peuvent maintenant assister à la projection du film "Les Evadés" (1994) avec Tim Robbins et Morgan Freeman.

Pour les insatiables de l'aventure, "Secret Hotel" permettait, pour 30 livres supplémentaires, de rester passer la nuit en cellule.

Et pour les fines bouches, "Secret Restaurant" proposait un repas complet pour 100 livres par tête, avec champagne et bougies. Un scénario spécifique était prévu pour ces "happy few", vêtus de smoking et robes du soir, qui ont traversé la prison sous haute protection au milieu de centaines de détenus hurlants. Frissons garantis.

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