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Dominique Tellier, Patrick Bernasconi et Genevieve Roy, à l'ouverture des négociations sur l'emploi le 10 janvier 2013 à Paris (Photo Bertrand Guay/AFP)

Jeudi 10 janvier 2013, 22h28
Les tractations entre patronat et syndicats sur la sécurisation de l'emploi n'ont pas abouti jeudi et un ultime rendez-vous a été fixé à vendredi matin, avec l'objectif de parvenir à un compromis, souhaité par François Hollande qui a exprimé sa "confiance".

"Je sais que les partenaires, et je leur fais confiance, saisiront cette occasion", a-t-il affirmé à Bordeaux.

Mais les discussions ont piétiné jeudi.

A 21H30, la séance a été levée, pour reprendre vendredi à 9H30. "Pour FO c'était une journée pour rien. Tous les éléments de flexibilité restent, les avancées sont marginales", a commenté Stéphane Lardy (FO).

François Hollande à Bordeaux, le 10 janvier 2013 (Photo Regis Duvignau/Pool/AFP)

"Je suis un peu inquiet. Le patronat nous remettra demain un nouveau texte, il avance trop lentement à notre goût et la journée de vendredi s'annonce longue", a dit de son côté le négociateur de la CFDT Patrick Pierron.

Pour Agnès Le Bot de la CGT, "le projet du patronat, malgré quelques avancées a la marge, n'est pas acceptable". "On se demande comment une issue est possible vendredi avec un Medef aussi arc-bouté", a-t-elle dit.

Patrick Bernasconi, chef de la délégation patronale, a souhaité que le nouveau texte soit celui "d'un accord interprofessionnel". "Nous allons faire les derniers arbitrages (internes au patronat) dans la nuit. La journée a été longue, compliquée, très technique mais il y a eu beaucoup d'avancées de part et d'autre", estimait-il.

Près de 60% des Français pour taxer les CDD

Patrick Pierron (CFDT) à la reprise des discussions sur l'emploi le 10 janvier 2013 à Paris (Photo Bertrand Guay/AFP)

Le dernier projet patronal, remis jeudi, n'ouvrait toujours pas la porte à la taxation des contrats courts, posée comme condition par les syndicats.

Quelques concessions ont été faites mais insuffisantes aux yeux des syndicats: suppression d'un article polémique sur la création d'un CDI de projet de 9 mois minimum et réduction du délai de mise en oeuvre de la généralisation d'une complémentaire santé pour les salariés de 4 à 3 ans.

La journée a aussi été marquée par un inhabituel clash au sein du patronat, au sujet de cette généralisation des mutuelles, l'UPA (artisans) déclarant "ne pas accepter" le texte du Medef, sans toutefois claquer la porte.

Depuis le coup d'envoi en octobre de cette négociation cruciale, syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) et patronat (Medef, CGPME, UPA) cherchent à s'entendre sur les moyens de fluidifier le marché du travail en donnant plus de souplesse aux entreprises et de protection aux salariés.

Le patronat espère des contreparties telles que faciliter les accords de flexibilité (travail et/ou salaires), "sécuriser" les licenciements collectifs et restructurer plus aisément.

Un geste du patronat sur cette taxation, qui figure dans la feuille de route remise aux négociateurs et les 60 engagements du candidat Hollande, et à laquelle 59% des Français sont favorables pour les CDD de moins d'un mois, rendrait possible un paraphe de la CFDT, de la CFTC et de la CFE-CGC.

Contre de nouveaux droits pour les salariés (complémentaire santé pour tous, droits rechargeables d'assurance chômage, limitation des temps partiels imposés ou encore droit de vote des salariés dans les conseils d'administration), ces trois syndicats sont prêts à d'importantes concessions sur le volet flexibilité.

Lors d'une manifestation devant le Medef, le numéro un de la CGT Bernard Thibault a appelé les salariés à "rester mobilisés" même après un éventuel accord, ajoutant que "ce n'est pas au Medef qu'on fait les lois".

Un compromis conforterait les partenaires sociaux, ainsi que le président Hollande, qui a érigé le dialogue social en méthode de gouvernement.

Le gouvernement estime primordiale une réforme pour lutter en profondeur contre le chômage, qui touche 3,13 millions de personnes.

Pour être entériné, un accord ne doit pas rencontrer l'opposition de plus de deux syndicats.

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