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Manifestation du 1er mai 2013 à Paris (Photo Martin Bureau/AFP)

Mercredi 01 mai 2013, 21h58
Dans un climat social lourd où l'impatience grandit face à l'explosion du chômage, les syndicats ont célébré le 1er mai en ordre dispersé, dans une mobilisation d'ampleur plutôt modeste, la CGT dans des cortèges à Paris et en province, la CFDT avec ses alliés à Reims pour constituer un "front réformiste".

Les manifestations ont rassemblé dans toute la France 160.000 personnes mercredi, a indiqué la CGT dans un communiqué.

"Face à une situation économique et sociale qui continue de s'aggraver sous les effets des politiques d'austérité poursuivies aveuglément en France et en Europe, près de 160.000 manifestants sont venus mettre les +pieds dans le plat+", indique la centrale en affirmant qu'ont eu lieu au total 286 manifestations et rassemblements unitaires, auxquels participait la CGT.

Pour cette première Fête du Travail du gouvernement de gauche, les syndicats, soudés durant cinq ans sous l'ère Sarkozy, se sont divisés en deux camps: l'un emmené par la radicale CGT, opposé à l'accord sur la sécurisation de l'emploi, l'autre par la CFDT qui l'a signé. FO, qui a rejeté l'accord, ne se veut dans aucun camp.

Mercredi, la CGT, la FSU et Solidaires, rejoints parfois par d'autres forces (FO, Front de gauche, Verts, LO, NPA) ont organisé des défilés dans de nombreuses villes ne rassemblant parfois que quelques centaines de militants, et des milliers dans les plus grandes cités.

Manifestation le 1er mai 2013 à Marseille (Photo Boris Horvat/AFP)

Partout la mobilisation a pris pour cible la politique d'austérité et l'accord sur la sécurisation de l'emploi, sans grande véhémence néanmoins contre le gouvernement.

Ce 1er mai contraste avec celui unitaire de 2012 qui, à cinq jours du deuxième tour de la présidentielle, avait vu des centaines de milliers de manifestants (entre 300.000 et 750.000) dire non à Nicolas Sarkozy.

A Paris, plusieurs milliers de manifestants, avec en tête le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, ont défilé ce mercredi entre Bastille et la place de la Nation, a constaté une journaliste de l'AFP. "Le gouvernement est sensible aux arguments du Medef et nous voulons lui rappeler ses engagements: il faut avoir une politique de gauche", a souligné M. Lepaon.

Carte et chiffres des manifestations du 1er mai en France (Photo /AFP)

"Contre l'austérité construisons une opposition de gauche à ce gouvernement", ont scandé les participants (entre 1.700 et 6.000) à Bordeaux. A Toulouse, ils étaient entre 3.000 et 5.700, à Bayonne, entre 1.330 et 1.650, à Marseille entre 3.000, et 10.000.

A Strasbourg, FO a rejoint le cortège syndical emmené par la CGT. "Y a-t-il vraiment des socialistes dans notre gouvernement?", interrogeaient des pancartes. A Rennes, entre 1.300 et 1.500 militants ont défilé tandis qu'au Havre ils étaient entre 900 et 1.500 et à Dijon 1.250, selon la CGT. Lyon a vu 4.000 personnes, selon l'intersyndicale, 2.700 selon la police, manifester contre "la casse des droits".

A Nantes, comme à Saint-Nazaire, quelque 500 militants, selon la police, ont bravé la pluie. "A mort l'austérité", lançaient des manifestants (1.400 selon la police, 2.000 selon les organisateurs) à Rouen, avec en tête les salariés de Petroplus.

La ville de Florange (Moselle), où la fermeture des hauts-fourneaux a commencé la semaine dernière, a accueilli un "Festival des entreprises en lutte", qui a attiré quelque 300 personnes.

"Il y a des journées où les syndicats peuvent se rassembler, nous ne voulons pas renoncer à cette unité", a affirmé le leader de la CGT.

Mais le numéro un de la CFDT, Laurent Berger a préféré tenir un rassemblement avec ses homologues de deux autres syndicats réformistes, Luc Bérille (Unsa), Philippe Louis (CFTC), sur un terrain de sport de la banlieue de Reims, réunissant quelque 300 participants, selon un correspondant de l'AFP.

"Cette union représente un front uni des réformistes, c'est le début d'un travail renforcé entre les organisations syndicales et seule l'union peut faire reculer les extrêmes", a déclaré Laurent Berger.

"Une autre voie, celle de la négociation et du compromis doit s'ouvrir", a renchéri Philippe Louis, pour lequel le rassemblement de Reims donne "l'exemple".

Mais les réformistes ne ferment pas la porte à la CGT: "le syndicalisme est pluriel, mais il faut que les organisations syndicales travaillent ensemble pour lutter contre le chômage et préparer la future conférence sociale", a dit M. Berger. Luc Bérille a prévenu : "l'éclatement nuit à l'efficacité syndicale".

De son côté, le numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a précisé depuis Laval (Mayenne) que "FO est un syndicat réformiste mais n'accepte pas n'importe quoi, on n'est ni des béni oui-oui, ni des béni non-non". Force ouvrière a rassemblé, comme tous les ans, plus de 300 militants devant le Mur des fédérés à Paris.

Alors que le nombre de chômeurs atteint un record historique (3,2 millions), le président François Hollande a réaffirmé mercredi, sa volonté de "gagner la bataille pour l'emploi".

Le défilé traditionnel en l'honneur de Jeanne d'Arc du Front national qui n'a finalement rassemblé que 3.000 personnes, selon la police, 15.000, selon le FN.

Ce 1er mai a donné le coup d'envoi d'une série de mobilisations politiques dirigées contre le gouvernement: les communistes et Jean-Luc Mélenchon sonneront la charge contre l'austérité dimanche, date choisie aussi par les opposants au mariage homosexuel pour se rassembler avant leur manifestation nationale du 26 mai.

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