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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 21 avril 2013 à Jérusalem (Photo Gali Tibbon/Pool/AFP/Archives)

Mercredi 01 mai 2013, 21h46
Israël et les Palestiniens ont tempéré mercredi les espoirs de reprise des négociations de paix éveillés par la reformulation de l'initiative de paix arabe, appuyée par les Etats-Unis, qui valide désormais explicitement le principe d'un échange de territoires.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a relativisé la portée de cette inflexion. "Le conflit israélo-palestinien n'est pas territorial mais porte sur l'existence même de l'Etat d'Israël", a-t-il réaffirmé.

"L'absence de volonté des Palestiniens de reconnaître l'Etat d'Israël comme l'Etat-nation du peuple juif, voilà la racine du conflit", a assuré M. Netanyahu.

Un de ses proches, le ministre des Communications Gilad Erdan, a d'ailleurs répété le refus d'Israël de négocier sur la base des lignes d'avant l'occupation israélienne des Territoires palestiniens (Cisjordanie, Jérusalem-Est et bande de Gaza) en 1967.

"Si Israël accepte de venir à la table des négociations en affirmant à l'avance qu'elles se dérouleront sur la base des lignes de 1967, il ne restera pas grand chose à négocier", a estimé M. Erdan.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a réagi en insistant sur la référence aux lignes de 1967, moyennant des "modifications mineures".

"Nous reconnaissons l'Etat d'Israël depuis 1993", a rappelé M. Abbas, écartant de nouveau la revendication de M. Netanyahu d'une reconnaissance d'Israël comme Etat juif.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, le 30 avril 2013 à Vienne en Autriche (Photo Alexander Klein/AFP)

"Quand nous négocierons la délimitation des frontières, si nous avons besoin de modifications mineures de même valeur de part et d'autre, nous les étudierons", a-t-il précisé.

M. Netanyahu se dit favorable à des pourparlers "sans conditions préalables", récusant toute référence pour les discussions, en particulier les lignes de 1967, même assorties d'échange de territoires. Cette notion avait été acceptée notamment par son prédécesseur Ehud Olmert dans ses négociations avec les Palestiniens.

"Légitime la colonisation"

Le négociateur palestinien Saëb Erakat et Hillary Clinton, le 21 novembre 2012 à Ramallah (Photo Abbas Momani/AFP/Archives)

La reformulation de l'initiative arabe de 2002 ne trouve guère davantage grâce aux yeux des Palestiniens, qui y voient une concession gratuite à Israël.

"L'initiative arabe est un tout. Nous n'aimons pas l'idée de l'amender", a expliqué le négociateur palestinien Mohammad Chtayyeh.

"S'agissant d'échanges de territoires, nous avons dit clairement que nous voulions un Etat sur les lignes de 1967. Donc tout échange doit porter sur des territoires équivalents en taille et en qualité et résulter de négociations", a-t-il précisé, s'opposant à tout "paiement d'avance de la part des Arabes pour des négociations avec Israël".

Le Hamas, au pouvoir à Gaza et qui ne reconnaît pas Israël, a catégoriquement rejeté l'initiative arabe et le principe même d'échange de territoires.

Cette idée "légitime la colonisation et l'accaparement de la terre de Cisjordanie et de Jérusalem occupée", a affirmé dans un communiqué Salah Bardawil, un dirigeant du Hamas, reprochant à la Ligue arabe de ne pas s'élever plus fortement contre la colonisation.

Lors d'une réunion lundi à Washington entre une délégation de la Ligue arabe et le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le Premier ministre et chef de la diplomatie du Qatar, Hamad ben Jassem al-Thani, dont le pays préside le comité de suivi de l'initiative de paix arabe, s'est dit favorable à un "échange mineur de territoire comparable et mutuellement accepté" à partir des lignes de 1967.

De tels échanges, discutés lors des précédentes négociations de paix, permettraient à Israël de conserver les grands blocs d'implantations où vit la majorité des colons, tandis que les Palestiniens recevraient des territoires actuellement sous souveraineté israélienne.

Le département d'Etat a fait état mercredi d'une conversation téléphonique ces dernières 24 heures entre M. Kerry et le Premier ministre israélien, sans autre détail. Le porte-parole adjoint Patrick Ventrell s'est borné à dire que l'initiative de la Ligue arabe "envoie un message positif sur la volonté des pays arabes d'être flexibles quant aux efforts de paix".

Interrogé, le porte-parole de M. Netanyahu s'est refusé à confirmer cet entretien téléphonique.

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