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Le président François Hollande et le nouveau Premier ministre italien Enrico Letta, le 1er mai 2013 à l'Elysée (Photo Bertrand Langlois/AFP)

Mercredi 01 mai 2013, 20h45
François Hollande et le nouveau chef du gouvernement italien Enrico Letta ont appelé mercredi à consacrer la même énergie à la croissance qu'à la rigueur budgétaire en Europe, tentant de maîtriser l'incendie qui menaçait d'embraser les relations avec Berlin, chantre de l'austérité.

"Nous devons mettre la même détermination pour la croissance que celle que nous avons mise pour la stabilité de la zone euro et pour le sérieux budgétaire et nous avons besoin de toute l'Europe pour y parvenir" lors du sommet européen de juin, a plaidé le chef de l'Etat français lors d'une conférence de presse commune à l'Elysée.

Cet effort peut être fait "sans qu'il soit besoin de remettre en cause le sérieux budgétaire dont l'Italie a fait preuve, dont la France fait également la démonstration", a-t-il assuré à l'issue d'un long entretien d'une heure et demie avec le président du Conseil italien.

A cette fin, a-t-il poursuivi, "la trajectoire budgétaire doit être adaptée à ce qu'est la réalité de la croissance" sans "en aucune façon relâcher nos efforts".

L'Allemagne et la France doivent "travailler ensemble quelles que soient les conjonctures, les personnalités qui les dirigent et quelles que soient les sensibilités", a encore souligné François Hollande.

Evoquant son dîner mardi avec la chancelière allemande Angela Merkel, Enrico Letta qui devait poursuivre cette mini-tournée européenne dans la soirée par une dernière étape à Bruxelles a assuré pour sa part qu'il s'était "très bien passé" et qu'il "partageait la même relation amicale que François" Hollande avec elle.

La chancelière allemande Angela Merkel et le nouveau Premier ministre italien Enrico Letta, le 30 avril 2013 à Berlin (Photo Barbara Sax/AFP)

A Berlin, les conservateurs allemands ont été outrés par la virulence d'un projet de résolution du Parti socialiste, dont le texte avait fuité vendredi dernier et qui qualifiait Mme Merkel de "chancelière de l'austérité" et l'accusait d'"intransigeance égoïste".

Tentant d'éteindre la polémique, François Hollande a affirmé que seule comptait la dernière version de ce document (adopté mardi par la direction du PS) dans laquelle ces critiques ont été soigneusement expurgées.

"Il ne vous a pas échappé que je ne suis pas le premier secrétaire du Parti socialiste", a encore souligné son ancien leader, jugeant inutile "de mettre en cause un leader en Europe ou un pays en particulier, surtout l'Allemagne".

D'où sa volonté affirmée de trouver avec l'Italie mais aussi "avec toute l'Europe, et notamment avec l'Allemagne, les compromis indispensables". L'Europe, a-t-il fait valoir, "ne peut avancer que toute ensemble".

Les deux dirigeants ont plaidé d'une seule voix aussi pour une mise en oeuvre rapide de l'union bancaire qui doit assurer la supervision des banques européennes, mettre en place un mécanisme de démantèlement des banques en faillite et assurer une garantie des dépôts.

"Il ne faut pas perdre du temps sur cela", a lancé Enrico Letta qui y voit, comme François Hollande, le moyen de diminuer les taux d'intérêts et de lutter ainsi contre le chômage, et particulièrement celui des jeunes, "un vrai cauchemar" en Italie.

"Si nous voulons apporter de la liquidité à nos entreprises, si nous voulons que la banque centrale puisse intervenir dans de bonnes conditions, il nous faut parvenir à l'union bancaire selon le calendrier prévu", a renchéri le président français.

Pour le président du Conseil italien, les politiques en faveur de la croissance en Europe doivent être "globales, avec une dimension européenne" d'où cette tournée à Berlin, Paris et Bruxelles qui, pour l'Italie, est "une question de politique intérieure, pas de politique étrangère".

"Si l'Europe est une mauvaise mère (ce sera) un désastre démocratique", a averti Enrico Letta. Elle doit "aider les gens, pas les frustrer".

"Si nous n'y parvenons pas, alors ceux qui anticipent le déclin, le déclassement de l'Europe et qui jouent sur les peurs, trouveront tous les terrains pour affirmer leur existence politique et faire prévaloir demain les pires sentiments", a ajouté en écho François Hollande, mettant en garde contre les "égoïsmes nationaux".

"C'est cette question qui doit nous hanter", a-t-il insisté, estimant que "ce qui est en cause, c'est non seulement l'idée européenne mais la stabilité politique dans nos pays respectifs".

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