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Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, le 12 mars 2012 à Charleville-Mézière (Photo Francois Nascimbeni/AFP/Archives)

Jeudi 02 mai 2013, 19h15
Après le scandale Cahuzac, une nouvelle affaire politico-financière faisait la Une jeudi en France où Claude Guéant, bras droit de Nicolas Sarkozy pendant dix ans, peinait à expliquer la présence de 500.000 euros sur son compte et à justifier de primes en liquide.

Depuis des révélations de l'hebdomadaire Le Canard enchaîné mardi, l'ancien ministre de l'Intérieur se défend vigoureusement dans les médias après la découverte d'une somme de 500.000 euros sur son compte principal lors d'une perquisition à son domicile en février, dans le cadre d'une enquête sur des accusations de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

"Je n'ai jamais entendu parler du moindre financement libyen" de la campagne de 2007, répète M. Guéant, 68 ans, qui fut le plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy à partir de 2002 au ministère de l'Intérieur puis à l'Elysée avant de devenir lui-même ministre en 2011.

Une information judiciaire a été ouverte le 19 avril contre X pour "corruption active et passive", "trafic d'influence", "faux et usage de faux", "abus de biens sociaux", "blanchiment, complicité et recel".

M. Guéant a affirmé que ces 500.000 euros sont le fruit de la vente en 2008 de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe siècle, Andries van Eertvelt, à "un confrère" avocat "malaisien". Il assure avoir en sa possession les pièces justificatives de la vente de ces deux tableaux, qu'il "réserve à la justice".

Des explications qui n'ont pas convaincu car la "valeur type" de ces tableaux serait plutôt de 15.000 euros, selon la société Artprice. Et M. Guéant n'a pas demandé de certificat d'exportation, obligatoire pour tout tableau d'une valeur supérieure à 150.000 euros, selon le ministère de la Culture.

Primes non déclarées

Claude Guéant, le 13 janvier 2012 à Vitré, dans l'ouest (Photo Damien Meyer/AFP/Archives)

Autre souci pour M. Guéant, les enquêteurs ont également découvert des factures payées en liquide, d'un montant de 20 à 25.000 euros.

Ancien haut fonctionnaire, Claude Guéant explique avoir accumulé cet argent au ministère de l'Intérieur jusqu'en 2006. Selon lui, les membres des cabinets ministériels ont bénéficié de "primes non déclarées de toute éternité", "avec la tolérance des services fiscaux".

Or le Premier ministre socialiste Lionel Jospin avait mis un terme fin 2001 à cette pratique dite "des fonds secrets". Et de nombreux politiques ont contredit Claude Guéant, comme son ancienne collègue au gouvernement Roselyne Bachelot qui l'a gratifié d'un: "Soit c'est un menteur, soit c'est un voleur".

A l'Intérieur, la pratique aurait perduré jusqu'en 2006, répond Claude Guéant, ce que personne n'a confirmé jusqu'à présent.

Alors que la France est en pleine crise et sa classe politique déjà sévèrement jugée par l'opinion, la presse s'affligeait de cette nouvelle affaire, quelques semaines après le scandale du compte secret à l'étranger de l'ancien ministre socialiste du Budget Jérôme Cahuzac.

"Depuis des semaines maintenant, la France patauge dans les affaires. Il ne se passe pas un jour sans une révélation poisseuse", déplorait jeudi le quotidien L'Est républicain.

Homme de réseaux, considéré sous la droite comme le patron officieux de la police et des services secrets, Claude Guéant était la quasi-doublure de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Il a mené une diplomatie parallèle dans les pays africains et arabes, notamment en Libye, à l'origine des accusations de financement électoral illégal de Nicolas Sarkozy.

L'homme d'affaires et intermédiaire de contrats d'armement franco-libanais Ziad Takieddine a ainsi évoqué devant les juges des rencontres entre M. Guéant et Bachir Saleh, bras droit de Kadhafi, auquel "M. Guéant donnait des indications bancaires", selon lui.

Claude Guéant a annoncé des plaintes en diffamation contre M. Takieddine. Aucune n'a été enregistrée à ce jour, selon une source judiciaire.

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