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Arrivée au château de Chambord des délégations ministérielles européennes de l'Agriculture, le 2 septembre 2016 (Photo GUILLAUME SOUVANT/afp.com)

Vendredi 02 septembre 2016, 13h35
Vingt ministres européens de l'agriculture sont réunis vendredi au Château de Chambord (Loir-et-Cher) à l'invitation de la France pour tenter de trouver malgré leurs divisions une position commune sur la future politique agricole commune en 2020, après la sortie de la Grande-Bretagne.

En pleine crise de l'élevage, du lait, et des céréales, les ministres ont planché en atelier sur la politique agricole de l'UE face aux enjeux de la mondialisation et du réchauffement climatique notamment, qui changent la donne par rapport au moment du lancement de la PAC en janvier 1962.

"Nous avons eu une discussion très utile (...) car les réunions sont tellement chargées à Bruxelles que nous n'avons jamais le temps d'avoir cette sorte d'échanges", a déclaré à l'AFP le ministre danois libéral, Esben Lunde Larsen, qui d'emblée indique que son pays est "contre" toute sorte d'aide publique à l'agriculture.

Face à la crise du lait, "nous avons accepté un paquet d'aides européen", car "il y a trop de lait sur le marché", "mais nous ne sommes pas en faveur d'aide publique, nous sommes en faveur d'innovations" pour la future PAC, a dit le ministre danois.

Le président du premier syndicat agricole français Xavier Beulin a fait une intervention devant les ministres, au nom du syndicat européen Copa qui représente les agriculteurs de toute l'Union auprès des instances européennes.

Il a d'abord souligné les "défaillances de la PAC", notamment le fait qu'il n'y ait "aucune gestion de crise, ni de gestion de marchés ou de crise climatique ou sanitaire". "On n'a aucun dispositif", a-t-il déploré.

Il a demandé "des engagements de simplification" car les contraintes réglementaires et normatives sont de plus en plus mal vécues par les agriculteurs, mais aussi par les administrations", évoquant le retard de versement de l'aide PAC 2015 par la France à ses agriculteurs.

"Sur les questions budgétaires, j'ai demandé (...) que le prétexte du Brexit ne devait pas conduire à une coupe budgétaire", a-t-il ajouté.

Aux abords du château, très surveillé, plusieurs syndicats agricoles ont manifesté contre les ministres qui "mènent la vie de château quand les agriculteurs sont en train de crever". "Notre agriculture est à genoux", a indiqué le président de la Coordination rurale, Bernard Lannes, qui organisait un "grand repas populaire" à l'entrée du domaine.

Par ailleurs, quelque 120 manifestants de la Confédération paysanne, accompagnés d'une vache, ont manifesté à Blois en menant une "distribution de lait" au cri de "Pour nous, c'est pas la vie de château" et pour réclamer "une vraie régulation européenne pour les paysans en détresse".

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