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Des personnes attendent de se faire vacciner contre la grippe H1N1 à Paris, le 12 novembre 2009 (Photo Fred Dufour/AFP)

Jeudi 12 novembre 2009, 22h51
La vaccination contre la grippe H1N1 pour le grand public, gratuite et non obligatoire, a commencé ce jeudi dans 1.060 centres de vaccination spécialement mis en place dans toute la France, avec une faible affluence et dans un climat de méfiance vis à vis du vaccin.

Au soir de ce premier jour de vaccination, le ministère de la santé a annnoncé qu'un cas "probable" de syndrome Guillain-Barré, une maladie rare du système nerveux périphérique, avait été signalé mardi après vaccination. Selon le ministère, "il s'agit d'une forme modérée et uniquement sensitive, qui a évolué favorablement".

Au total, quelque six millions de personnes - l'entourage des nourrissons, les personnels de santé, les personnes à risque de faire des complications - devraient avoir reçu les bons de vaccination leur permettant d'aller se faire vacciner dès ce jeudi.

A Strasbourg "des gens attendaient devant la porte" avant l'ouverture du gymnase Tivoli, selon le Dr Pascale Fritsch, médecin inspecteur de santé publique à la Drass. A Besançon, "ça n'était pas l'affluence mais ça n'a pas arrêté", selon la préfecture.

A la maison départementale de la solidarité (MDS), dans le quartier de l'Estaque à Marseille, personne ne s'était présenté le matin. "Une phase de rodage est à attendre", a relevé le médecin Jacques Collomb, directeur de la Protection maternelle et infantile.

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot se fait vacciner contre le virus de la grippe H1N1 à Paris, le 12 novembre 2009 (Photo Bertrand Guay/AFP)

A Lille, le principal centre est resté désert jeudi matin. "Il y a eu toute l'info sur la logistique et le bien-fondé de la vaccination mais aussi les responsables qui disent qu'ils ne se feront pas vacciner ou qu'ils doutent", a expliqué Jean-Claude Stellamans, responsable du centre. La préfecture a reconnu à la mi-journée que la fréquentation des 51 centres du département était "assez réduite".

A Paris, pas grand monde dans les deux centres visités par l'AFP : une vingtaine de clients en une heure dans l'un, une dizaine dans l'autre... Avec des protestations chez les gens qui arrivent sans bon et se font renvoyer chez eux. Petit problème : les bons ne précisent pas les heures d'ouverture des centres.

Les personnes vaccinées ce jeudi devront revenir dans trois semaines pour la seconde dose, à moins que d'ici là ne change la stratégie vaccinale, comme la ministre Roselyne Bachelot en a évoqué la possibilité.

La ministre, qui n'est pas parmi les populations prioritaires, s'est fait vacciner "pour montrer l'exemple". "Je ne suis pas trypanophobe, je n'ai pas peur des piqûres", a-t-elle plaisanté. "Le président de la République est absolument décidé à se faire vacciner", selon elle.

Comme tout le monde, Mme Bachelot a reçu le vaccin de GlaxoSmithKline, le seul arrivé en France.

En dépit de la campagne intensive du ministère de la Santé, la défiance reste de mise dans la population, selon les derniers sondages. Seulement quelque 20% des gens envisageaient de se faire vacciner, craignant les effets secondaires du nouveau vaccin.

1.150.000 personnes ont consulté leur médecin pour la grippe au cours des neuf dernières semaines et le nouveau virus a intensifié sa circulation en France métropolitaine la semaine dernière, selon le réseau Sentinelles et l'Institut de veille sanitaire (InVS).

"Il faut faire en sorte que la majorité des gens se soient fait vacciner avant qu'on entre dans le pic épidémique (...) en novembre ou en décembre", a noté sur RTL le directeur général de la Santé, Didier Houssin.

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