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Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner (G), et les ministres des Finance britannique Alistair Darling et Française Christine Lagarde lors du sommet du G20 Finances à St Andrews, le 7 novembre 2009. (Photo Derek Blair/AFP)

Dimanche 08 novembre 2009, 10h26
Les pays du G20 ont avancé ce week-end sur le chemin d'une taxation de la finance, un sujet qui a permis de réveiller une réunion sans relief de leurs ministres des Finances et de faire oublier une impasse sur le réchauffement climatique.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown, venu en personne devant les ministres réunis à Saint Andrews, en Ecosse, a fait sensation en évoquant l'étude d'une taxe sur les transactions financières, entre autres mesures possibles pour ramener la stabilité sur la planète finances.

Il s'agirait ni plus ni moins que de la mise en oeuvre de la "taxe Tobin", une idée imaginée dans les années 70 par le prix Nobel d'économie James Tobin pour limiter la volatilité du marché des changes, puis reprise par les altermondialistes comme moyen de financer le développement, mais jamais appliquée pour des raisons techniques.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown (G) et son homologue danois Lars Lokke Rasmussen lors du sommet du G20 Finance à St Andrews, le 7 novembre 2009. (Photo Andrew Winning/AFP)

Le sujet n'était pas à l'ordre du jour des ministres. Mais la sortie de M. Brown a contraint le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, à en dire plus sur les projets de son institution pour obliger les banques à supporter le "fardeau" de leur sauvetage. Le G20 avait donné mandat au FMI de réfléchir à cette question au sommet de Pittsburgh, en septembre, et de rendre un rapport en juin prochain.

"Il est raisonnable aujourd'hui, avec la crise qu'on vient de connaître, de se dire que le secteur financier, qui est porteur de risques plus grands que les autres secteurs économiques, doit payer sa part de ces risques, et qu'il n'est absolument pas normal que des individus ou des entreprises puissent prendre des risques démesurés qui ensuite sont payés par la collectivité", a expliqué M. Strauss-Kahn.

Le secrétaire d'Etat américain Timothy Geithner (G) et le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, au G20 le 7 novembre 2009 à St Andrews, en Ecosse (Photo Derek Blair/AFP)

Il a précisé que son organisation travaillait bel et bien sur un système qu'il a appelé "taxe FMI". Celle-ci serait une sorte de prime d'assurance, d'autant plus importante que la banque serait moins régulée, et qui permettrait de constituer "un fonds de réserve qui pourrait servir en cas de crise".

En revanche, une taxation des transactions financières, à la manière de la taxe Tobin, "est très difficile, en fait impossible" techniquement, selon lui.

"Si nous arrivons à mettre en place la taxe FMI, nous aurons fait un grand pas dans la régulation du système financier", a-t-il dit.

Pour autant, les résistances sont loin d'être aplanies. "Mais j'espère qu'en juin (au prochain sommet des chefs d'Etat au Canada, ndlr) il y aura un consensus pour avancer", a-t-il dit.

Ce débat a permis de donner un peu de relief à une réunion sans enjeux brûlants, contrairement aux deux précédents G20-Finances, qui avaient préparé les sommets des chefs d'Etat de Londres et de Pittsburgh et s'étaient déroulés dans un climat économique beaucoup plus dramatique.

Sur la plupart des autres sujets, le G20 de Saint Andrews s'est largement contenté de confirmer ses précédentes décisions et de se fixer des rendez-vous l'an prochain en matière de surveillance multilatérale, notamment dans la perspective d'un prochain sommet en juin au Canada.

Enfin, la charge contre les banques a également permis de faire passer au second plan un échec sur la question du financement de la lutte contre le changement climatique, dont Londres avait fait une de ses priorités. Le G20 n'est pas parvenu à s'entendre sur des contributions chiffrées et s'est contenté d'une promesse sur la nécessité de conclure un "accord ambitieux" à Copenhague.

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