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Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio Lula da Silva le 7 septembre 2009 à Brasilia (Photo Evaristo Sa/AFP/Archives)

Samedi 14 novembre 2009, 14h53
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva rencontre samedi à Paris son homologue français Nicolas Sarkozy pour tenter de mettre au point une position commune sur le changement climatique, trois semaines avant le sommet de Copenhague.

Cette escale parisienne a été ajoutée au dernier moment au déplacement prévu du président brésilien à Rome où il doit participer à un sommet sur la sécurité alimentaire dans le monde. Là aussi, une initiative franco-brésilienne pour une régulation mondiale des marchés agricoles est attendue.

MM. Lula et Sarkozy devaient également discuter de "la coopération franco-brésilienne et (de) l'approfondissement du partenariat stratégique entre nos deux pays", a indiqué la présidence française.

Ces discussions devaient être une nouvelle occasion pour M. Sarkozy de pousser l'avion de combat français Rafale, construit par Dassault, en compétition pour équiper les forces aériennes brésiliennes avec l'américain Boeing et le suédois Saab.

L'entretien, qui se tiendra au palais de l'Elysée, sera l'occasion "de discuter pour annoncer des points communs à Copenhague", a déclaré à la presse Marco Aurelio Garcia, conseiller diplomatique de Lula. "Nous sommes préoccupés par le risque que Copenhague soit un fiasco, un échec", a-t-il ajouté, alors que les négociations en vue d'un accord mondial contre le réchauffement climatique piétinent.

Lors de sa visite au Brésil le 7 septembre, Nicolas Sarkozy avait annoncé que les deux pays défendraient une position commune lors du sommet mondial sur la lutte contre le réchauffement climatique qui se tiendra du 7 au 18 décembre dans la capitale danoise. Le Brésil "se propose d'être un pont" entre pays industrialisés et en développement, avait alors déclaré à l'AFP le ministre de l'Environnement Carlos Minc.

Un exercice difficile, alors que le Brésil, comme les autres grands pays émergents, demande aux pays industrialisés - pollueurs historiques - de mettre la main à la poche pour aider les plus pauvres à faire face aux effets du réchauffement climatique.

L'Union européenne a fixé à 100 milliards d'euros par an les besoins en financements pour aider les pays plus pauvres entre 2013 et 2020. Mais jusqu'à présent, aucun pays riche n'a mis d'argent sur la table.

Le Brésil est le 4ème émetteur mondial de gaz à effet de serre, principalement en raison de la déforestation de l'Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde.

Le gouvernement brésilien devait annoncer vendredi ses propositions pour Copenhague en réitérant sa promesse de réduire de 80% le déboisement de l'Amazonie d'ici à 2020.

Dans le cadre de la préparation de Copenhague, le Brésil organise le 26 novembre à Manaus, au coeur de l'Amazonie, un sommet des pays amazoniens pour discuter d'une position commune.

Selon Lula, la France doit "assumer son côté sud-américain" et prendre part aux discussions puisqu'elle possède un territoire d'outre-mer, la Guyane, qui fait partie de la région amazonienne.

Après Paris, Lula se rendra à Rome pour réclamer, devant l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), un plus grand engagement des pays riches contre la faim dans le monde, en mettant notamment fin aux subventions agricoles.

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