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Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos s'exprime, le 7 mai 2008 à Lille, au Grand Palais (Photo Francois Lo Presti/AFP/Archives)

Vendredi 16 mai 2008, 11h44
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a déclaré vendredi qu'il n'y avait "pas de provocation à faire ce pourquoi nous avons été élus", en parlant du projet de loi instaurant un "droit à l'accueil" dans les écoles primaires en cas de grève, annoncé jeudi par Nicolas Sarkozy.

Interrogé sur France 2, il a également estimé "tout à fait normal qu'on se déclare gréviste".

"Il n'y pas de provocation à faire ce pourquoi nous avons été élus", a affirmé M. Darcos, alors que les syndicats ont estimé jeudi soir que le chef de l'Etat avait franchi "la ligne rouge" avec ce projet de loi qui prévoira notamment une déclaration préalable des enseignants grévistes 48 heures à l'avance.

"Il y aurait de la provocation à reculer par rapport aux promesses électorales au motif que les gens défilent dans la rue. Ce n'est pas ça la démocratie", a ajouté le ministre.

"Personne ne peut trouver anormal qu'on se déclare gréviste, on ne va pas découvrir, quand on amène son petit garçon à l'école, à 8 heures moins une, qu'on est en grève ou pas", a ajouté M. Darcos.

Il a assuré qu'il ne s'agira "pas de ficher les gens qui sont grévistes". M. Darcos a par ailleurs reconnu qu'il s'agissait davantage d'un "droit à un accueil", sur le modèle d'un "droit opposable", que d'un "service minimum".

Interrogé sur la future "agence nationale de remplacement" pour les enseignants, prévue pour 2009, il a précisé que "lorsque nous manquerons ponctuellement de tel ou tel professeur, l'agence pourra solliciter des jeunes professeurs en fin de préparation, des stagiaires ou des élèves en fin de master". Enfin il a préconisé un système "plus modulaire, plus adapté" aux élèves en difficultés scolaires pour rendre "inutile" le redoublement.

Le ministre de l'Education Xavier Darcos avait estimé jeudi sur Canal + que quand on a 1,2 million de fonctionnaires dans l'Education, en avoir "quelques milliers de plus ou quelques milliers de moins" ne règle pas les problèmes.

11.200 suppressions de postes dans l'Education, essentiellement des enseignants, sont inscrites au budget 2008. "Cette crise est peut-être utile parce que pour une fois, nous avons pu faire entendre, dans un conflit certes, que la réponse quantitative n'était pas la bonne, qu'il n'était pas exact de dire que, quand on a un 1,2 million de fonctionnaires, qu'on soit quelques milliers de plus ou quelques milliers de moins, on réglait les problèmes, ce n'est pas vrai", a déclaré le ministre alors que lycéens, parents et fonctionnaires étaient en grève jeudi contre les suppressions de postes.

Assurant qu'il n'entendait pas reculer devant les manifestants, M. Darcos a affirmé avoir "la conviction profonde, fondée sur une expérience non négligeable dans ce ministère, que continuer à croire que les réponses à nos problèmes sont des réponses de moyens, c'est une erreur". "Si c'était vrai, nous serions les premiers du monde" dans les classements internationaux, a-t-il ajouté.

Le ministre a jugé que manifester "ne règle rien", soulignant que les trente dernières manifestations "en sept ans" n'avaient "rien réglé". "Aujourd'hui, si vous prenez la totalité de nos personnels, il y a deux fonctionnaires sur trois qui travaillent", a-t-il ajouté.

Entre 46,16% (selon le ministère) et 63% (d'après la FSU, syndicat majoritaire) des professeurs des écoles et entre 33,55% (ministère) et "plus de 55%" (FSU) des enseignants des collèges et lycées étaient en grève jeudi pour la journée d'action des fonctionnaires. Plus d'une centaine de manifestations étaient prévues dans toute la France.

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