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Manifestation le 10 mai 2008 à Paris, pour réclamer un régularisation générale des travailleurs sans-papiers (Photo Mehdi Fedouach/AFP/Archives) |
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Vendredi 16 mai 2008, 21h13
Un mois après le déclenchement d'une grève de travailleurs sans papiers en Ile-de-France, les instigateurs du mouvement, Droits Devant! et la CGT, jugent le bilan des régularisations demandées très insuffisant et menacent de recourir à une deuxième vague d'actions.
Sur le petit millier de demandes de régularisations déposées fin avril par la CGT dans cinq préfectures d'Ile-de-France (Paris, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), 132 ont été jusqu'à présent satisfaites, selon des chiffres fournis vendredi après-midi par le ministère de l'Immigration.
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Jean-claude Amara (G), porte-parole de l'association "Droit Devant", avec des travailleurs sans papiers à la préfecture de Nanterre le 23 avril (Photo Joel Saget/AFP/Archives) |
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Selon ce décompte, 33 travailleurs sans-papiers ont ou vont obtenir leur régularisation à Paris, 15 en Essonne, 42 en Seine-Saint-Denis, 29 dans les Hauts-de-Seine et 13 dans le Val-de-Marne.
"Vu ce résultat minable, on ne va pas rester les deux pieds dans le même sabot", a déclaré à l'AFP Raymond Chauveau, responsable de la CGT Essonne, précisant : "Si les choses traînent trop, on envisage de relancer le mouvement".
Pour Jean-Claude Amara, porte-parole de Droits Devant! à l'origine, avec la CGT, de la grève des salariés sans-papiers démarrée le 15 avril en Ile-de-France, "le compte n'y est pas" non plus.
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Le délégué CGT de l'Essonne Raymond Chauveau le 19 avril 2008 devant un bâtiment occupé par des travailleurs sans-papiers (Photo Mehdi Fedouach/AFP/Archives) |
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"Le gouvernement joue la montre, dit-il, et "cherche à diluer le mouvement. Les préfectures reçoivent des ordres pour faire rajouter sans cesse de nouvelles pièces aux dossiers".
Il reconnaît que "les choses sont compliquées en particulier parce que la domiciliation et le lieu de travail ne sont pas la plupart du temps les mêmes". "Mais, argumente-t-il, dans les cas du Café de la Jatte de Neuilly et de l'entreprise Passion Traiteur à Colombes (Hauts-de-Seine) où tous les salariés ont été régularisés, la préfecture a su arrondir les angles". Lui aussi menace d'une "seconde vague de grève. Des centaines de personnes sont prêtes à s'y mettre", dit-il.
Thierry Coudert, directeur de cabinet du ministre de l'Immigration Brice Hortefeux, reconnaît bien sûr l'annonce par le Premier ministre François Fillon de la régularisation de plusieurs centaines de travailleurs sans-papiers mais, souligne-t-il, "pour l'instant, bien des dossiers sont vides".
"Pour que les dossiers soient jugés recevables, explique-t-il, il faut qu'ils répondent à au moins deux critères: un contrat de travail d'au moins un an et appartenir à un métier en tension".
Selon lui, il n'y aurait guère que quelque 300 dossiers recevables. "Mais on ne fixe pas de délais, indique-t-il, les dossiers sont toujours ouverts".
Dans l'entourage de Brice Hortefeux, on fait aussi remarquer que de nombreux employeurs, qui produisaient des feuilles de paie établies sur 35 heures alors que leurs salariés travaillaient facilement le double, sont peu enclins à demander, aujourd'hui, leur régularisation.
Parallèlement à cette polémique, une soixantaine de salariés sans-papiers ont débuté mercredi une grève pour réclamer leur régularisation dans l'entreprise Sofrabrick à Gonesse, dans le Val d'Oise, qui s'était jusqu'à présent abstenu de participer au mouvement.
De même, la CFDT, elle aussi absente du mouvement, a déposé jeudi 130 dossiers de demandes de régularisation de sans-papiers salariés auprès de la préfecture des Yvelines.