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Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le 28 décembre 2012 à Moscou (Photo Natalia Kolesnikova/AFP)

Vendredi 28 décembre 2012, 22h07
La Russie, seule grande puissance aux relations étroites avec le régime syrien, a pressé vendredi le président Bachar al-Assad de dialoguer avec l'opposition en vue de résoudre le conflit et multiplie les contacts avec tous les acteurs de ce dossier.

"Nous avons activement incité, comme nous le faisons depuis des mois, le régime syrien à faire le maximum pour concrétiser ses intentions de dialoguer avec l'opposition", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse.

M. Lavrov répondait à une question sur sa rencontre la veille à Moscou avec une délégation syrienne dirigée par un vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad.

Photo fournie par l'agence Sana du président syrien Bachar al-Assad recevant l'émissaire international Lakhdar Brahimi à Damas, le 24 décembre 2012 (Photo /Sana/AFP/Archives)

Le chef de la diplomatie russe a également déclaré que Moscou refusait toujours de soutenir les appels de certains pays à la démission de M. Assad, réaffirmant que cette question revenait au peuple syrien.

La Russie, de facto l'un des derniers soutiens du régime de Damas auquel elle vend des armes, multiplie les contacts ces derniers jours à propos du dossier syrien.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a indiqué pour sa part que Moscou avait envoyé une invitation au chef de la Coalition de l'opposition syrienne, Moaz El-Khatib, afin de participer à des négociations en vue d'un règlement du conflit.

Le chef de la Coalition syrienne Moaz el-Khatib le 17 novembre 2012 à Paris (Photo Kenzo Tribouillard/AFP/Archives)

Mais M. Khatib, a fermement rejeté cette initiative réclamant des excuses de la Russie pour sa position par rapport au conflit.

"Nous avons dit clairement que nous n'irions pas à Moscou (...)", a-t-il déclaré à la chaîne satellitaire Al-Jazeera basée au Qatar.

"Et nous voulons maintenant des excuses de Sergueï Lavrov qui dit tout le temps que les peuples doivent choisir leur avenir sans ingérence étrangère, (or), la Russie s'ingère et fait comme si tous les massacres dont le peuple syrien a été victime n'était qu'une ballade de santé", a-t-il poursuivi en évoquant "tous les crimes commis avec des armes russes et des missiles Scud".

Après la visite vendredi à Moscou du chef de la diplomatie égyptienne, Mohamed Amr, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, est attendu samedi dans la capitale russe.

En Syrie, des milliers de personnes ont défilé vendredi, jour traditionnel de mobilisation, s'en prenant à M. Brahimi, accusé de "délivrer un certificat d'innocence au meurtrier" Bachar al-Assad, selon des vidéos mises en ligne par des militants.

Le Front jihadiste Al-Nosra a évoqué pour sa part pour la première fois son ambition d'instaurer une gouvernance islamique dans la Syrie de l'après-Assad, dans un enregistrement sonore mis en ligne.

Ce groupe a revendiqué des centaines d'attaques et plusieurs dizaines d'attentats suicide qui ont ensanglanté le pays et a été inscrit par Washington sur sa liste des organisations terroristes.

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire violemment réprimée qui s'est transformée en conflit armé. En 21 mois, les violences ont fait plus de 45.000 morts, selon l'OSDH.

Vendredi, 153 personnes sont mortes dans les violences dont 57 combattants pro-régime, 49 rebelles et 47 civils, selon un bilan provisoire de l'OSDH qui a précisé que 8 enfants ont été tués dans des raids aériens à Sfiré dans la province d'Alep.

La Russie a bloqué jusqu'ici avec la Chine tous les projets de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant le président Bachar al-Assad et ouvrant la porte à des sanctions voire au recours à la force.

Moscou se défend cependant de soutenir le régime en place et déclare défendre le droit international et craindre le chaos et le terrorisme.

"Avec tout le respect dû à la communauté internationale, c'est au peuple syrien de décider" de l'avenir de M. Assad, a souligné M. Lavrov.

Le président russe, Vladimir Poutine, avait lui aussi insisté sur cet aspect la semaine dernière, tout en se défendant de vouloir maintenir "à tout prix" le régime du président Assad.

Aux yeux de l'analyste russe Alexeï Malachenko, du Centre Carnegie de Moscou, "la Russie a réalisé depuis longtemps qu'Assad n'avait pas d'avenir".

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