Partager cet article

RSS
Envoyer Imprimer
Pier Luigi Bersani, le chef de la gauche italienne, lors d'une conférence de presse le 28 mars 2013 à Rome (Photo Alberto Pizzoli/AFP)

Jeudi 28 mars 2013, 23h55
Le chef de la gauche italienne Pier Luigi Bersani a perdu jeudi son pari pour former un gouvernement et la balle est repartie dans le camp du président Giorgio Napolitano qui doit sortir l'Italie d'une impasse de plus d'un mois.

"Les discussions (avec les autres formations politiques) n'ont pas abouti", a constaté devant la presse M. Bersani, la mine défaite, après être allé au Quirinal, remettre ses conclusions au président de la République.

Le Parti démocrate (PD), la formation de M. Bersani, a tenu à préciser qu'il n'a "pas renoncé" à la charge que lui a confiée le président, contrairement à l'interprétation que les médias ont fait de son geste.

Le président va reprendre la main la situation et va "sans attendre prendre les initiatives qui lui permettent de vérifier personnellement les développements possibles", a indiqué un porte-parole de la présidence.

Le chef de l'Etat verra toutes les formations politiques vendredi pour des consultations éclair qui débuteront à 10H00 GMT, ont annoncé ses services.

M. Bersani avait terminé jeudi en milieu de journée des pourparlers qui duraient depuis samedi avec les syndicats, le patronat, la société civile puis avec les principaux partis.

Le PD a obtenu la majorité absolue à la Chambre des députés aux législatives des 24/25 février mais pas au Sénat, où trois forces antagoniques ont à peu près le même poids: la gauche, la droite de Silvio Berlusconi et le Mouvement Cinq Etoiles (M5S).

M. Bersani a expliqué avoir rencontré lors des pourparlers avec les autres formations des "difficultés dérivant d'entraves et conditions inacceptables".

Mercredi, il avait essuyé un énième refus humiliant de la part du M5S, la formation contestataire anti-partis et anti-austérité de l'ex-humoriste Beppe Grillo qui rejette toute collaboration même un vote de confiance initial permettant de faire démarrer un gouvernement.

L'ex-comique a enfoncé le couteau dans la plaie sur son blog jeudi en estimant possible que l'Italie se passe d'un gouvernement et soit gérée seulement par le parlement "pour adopter une nouvelle loi électorale ou lancer des mesures urgentes pour aider les PME ou supprimer les départements".

Le chef de la gauche italienne Pier Luigi Bersani lors d'une conférence de presse le 28 mars 2013 à Rome (Photo Alberto Pizzoli/AFP)

Autre écueil que M. Bersani n'a pas réussi à surmonter, une éventuelle entente avec la droite de Silvio Berlusconi.

La coalition menée par le PDL du Cavaliere, 76 ans, arrivée deuxième au scrutin, propose depuis des semaines une coalition à M. Bersani mais ce dernier s'y refuse car l'électorat de gauche n'accepterait pas une alliance avec son adversaire politique des 20 dernières années.

Selon les médias, le Cavaliere aurait offert d'aider le PD à obtenir un premier vote de confiance en contrepartie du soutien de la gauche à un candidat favorable à la droite berlusconienne pour succéder au président Napolitano à la mi-mai.

Mais pour des raisons inexpliquées, le PDL a brutalement refermé la porte mercredi soir.

"L'affaire est close et c'est Bersani lui-même qui l'a close. Il se trouve maintenant dans un cul-de-sac dans lequel il s'est placé tout seul", avait indiqué Angelino Alfano, secrétaire général du PDL.

M. Napolitano devra prendre une décision finale en ayant à l'esprit l'urgence de doter la troisième économie de la zone euro d'un gouvernement capable d'affronter les problèmes économiques et sociaux.

"La priorité de l'Italie, c'est d'appliquer les réformes, ce qui implique d'améliorer la gouvernance, de lutter contre la corruption, d'améliorer le système judiciaire", a déclaré jeudi à l'AFP l'économiste en chef de l'OCDE Pier Carlo Padoan.

"Le manque de gouvernabilité et de stabilité politique risque d'avoir des effets très lourds sur nos entreprises et notre économie qui ne peuvent pas se le permettre", a averti la coordination d'organisations agricoles Agrinsieme, réagissant au constat d'échec de M. Bersani.

L'économie italienne est en récession depuis six trimestres, le chômage frôle les 12% et les élections de fin février, qui se sont achevées sans une majorité politique claire au Parlement, ont entraîné une hausse du spread, la différence des taux d'intérêt payés par l'Italie et l'Allemagne.

Cette hausse qui s'était arrêtée après les élections a repris jeudi avec des taux obligataires italiens à dix ans remontés aux alentours des 5% contre environ 4% avant les législatives.

Envoyer Imprimer

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2014 Agence France-Presse. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Toute l'actualité Monde   Haut de page
 
Votre avis sur cette publicité

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Toutes nos newsletters