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Une mère et ses enfants au milieu des décombres le 15 mai 2008 à Dagon (Photo Khin Maung Win/AFP)

Vendredi 16 mai 2008, 12h08
Un haut responsable européen, en visite en Birmanie, semblait vendredi avoir échoué à convaincre le régime militaire d'ouvrir largement les portes du pays à l'aide internationale pour éviter que le bilan des morts du cyclone Nargis ne s'alourdisse encore.

Deux semaines après une catastrophe qui a fait plus de 71.000 morts et disparus, le commissaire européen au Développement Louis Michel a indiqué à l'AFP n'avoir pas été autorisé à se rendre, avant son départ prévu vendredi soir, dans la région dévastée de l'Irrawaddy, alors que des pluies, parfois fortes, étaient signalées dans le sud.

"J'ai été autorisé à y aller samedi mais, malheureusement, je suis dans l'impossibilité de rester plus longtemps en raison d'engagements en Europe", a déploré M. Michel.

A l'issue de ses entretiens avec des responsables birmans, le commissaire de Bruxelles n'a pas fait état d'avancées immédiates dans l'aide aux sinistrés.

Il se trouvait en Birmanie depuis mercredi pour essayer de persuader la junte d'arrêter de filtrer les secours étrangers pour les quelque deux millions de survivants du cyclone Nargis, dont la majorité n'a pas reçu d'assistance.

Des Birmans déplacés entre Pyapon et Yangon en atttente d'aide le 15 mai 2008 (Photo Str/AFP)

Il a précisé avoir été informé par ses interlocuteurs que ses demandes de visas pour des experts étrangers seraient examinées.

Des organisations humanitaires et des agences des Nations unies attendent des visas pour leurs personnels mais la junte, méfiante et jalouse de sa souveraineté, refuse que des opérations de secours massives soient conduites par des étrangers.

Les autorités "m'ont demandé de dire (aux associations humanitaires) que si elles voulaient davantage d'employés, elles devaient le justifier", a dit M. Michel.

"Dans quelques jours, si je n'ai pas de réponse concrète à toutes ces questions, alors je pourrais émettre un jugement, mais, pour l'instant, je ne peux pas", a-t-il prudemment ajouté.

La veille, Louis Michel avait demandé à la Birmanie des "actions concrètes". Avant de quitter Bangkok pour Rangoun, il avait prévenu que ce pays pauvre d'Asie du Sud-Est risquait une "famine" en raison de la destruction de "tous les stocks de riz".

Chargement d'aide pour la Birmanie par la Croix Rouge allemande le 15 mai 2008 à Berlin (Photo Michael Urban/AFP/DDP)

Au cours de son séjour, le commissaire a raconté avoir été emmené dans "un camp organisé, plutôt parfait" à l'extérieur de Rangoun, loin de l'Irrawaddy.

Là-bas, des journalistes birmans ont collecté des témoignages de survivants ayant perdu des proches, morts de froid ou d'épuisement, plusieurs jours après le cyclone.

L'Organisation mondiale de la santé a fait état de cas de choléra, une maladie potentiellement mortelle, dans des zones dévastées par Nargis, tandis que 20% des enfants, parmi les survivants, souffrent de diarrhées, selon l'ONU.

La Croix-Rouge a demandé 32,7 millions d'euros à la communauté internationale pour venir en aide aux victimes, avertissant que la situation sur place allait s'aggraver.

La représentante de la Fédération internationale de la Croix-Rouge, Bridget Gardner, revenue d'un voyage dans l'Irrawaddy, a raconté aussi avoir assisté à "beaucoup d'actes d'héroïsme" de bénévoles birmans, eux-mêmes sinistrés, aidant leurs concitoyens à titre individuel.

Pour éviter une "deuxième catastrophe" --non plus naturelle mais humanitaire--, les Nations unies veulent collecter davantage de fonds en faveur de la Birmanie, afin de préparer la phase de reconstruction.

L'ONU attend le résultat d'une réunion ministérielle, lundi à Singapour, des pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN), dont la Birmanie est membre, pour décider du lieu et des participants à une autre "conférence d'appel de fonds", a indiqué la porte-parole de l'ONU, Michèle Montas, à New York.

La communauté internationale cherche à faire entendre raison à la Birmanie, grâce à la médiation des Asiatiques.

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a jugé jeudi que l'intransigeance de la junte birmane confinait à un "crime contre l'humanité".

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