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Le président Alan Garcia accueille la chancelière Angela Merkel avec une boisson traditionnelle, le 15 mai 2008 à Lima (Photo Martin Bernetti/AFP)

Vendredi 16 mai 2008, 13h24
Le sommet de l'Union européenne et de l'Amérique latine s'ouvre vendredi à Lima, où une cinquantaine de dirigeants débattent du réchauffement climatique et de la lutte contre la pauvreté dans la région la plus inégalitaire de la planète, malgré une forte croissance économique.

Le réchauffement touche particulièrement l'Amérique latine; les grands glaciers fondent inéxorablement et les fôrets diminuent à cause de l'exploitation à outrance et la contrebande des bois exotiques.

Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient adopter vendredi soir la "déclaration de Lima" dont un projet envisage un certain nombre de résolutions sur le changement climatique, le trafic de drogue et la crise alimentaire.

Cultivateur péruvien de pommes de terre montrant des tubercules malades, le 27 mars 2008 à Paru Paru (Photo Jaime Razuri/AFP/Archives)

De son côté, l'Union européenne veut renforcer ses liens commerciaux avec cette région en pleine expansion économique et qui a doublé ses exportations vers l'union européenne entre 2000 et 2007, atteignant plus de 142 milliards de dollars.

Cependant l'Amérique latine détient encore le record d'inégalité de la planète avec 194 millions de pauvres soit 36,5% de ses habitants ainsi que 71 millions d'indigents (13,4%).

Jeudi soir, au "forum des entrepreneurs", une réunion se tenant conjointement au sommet, le président péruvien Alan Garcia, qui mène dans son pays une politique libérale et ne cache pas son hostilité au gouvernement vénézuélien de M. Hugo Chavez, a fustigé les régimes populistes de la région, leur reprochant d'"administrer la misère".

Donnant une touche d'optimisme, le président brésilien Luiz Lula da Silva, interrogé sur les tensions existantes entre certains dirigeants latino-américains, a déclaré à son arrivée à Lima qu'il n'y avait jamais eu autant de démocratie en Amérique latine.

"C'est vrai que nous pouvons avoir des moments de tensions, mais il est aussi sûr que nous bénéficions d'une démocratie que nous n'avons jamais eue à n'importe quelle moment de notre histoire".

Montage de photos publié le 10 mars 2008 par Greenpeace montrant le glacier argentin Viedma en 1930 (h) et récemment (Photo Ho/AFP)

Ce sommet intervient alors que le président vénézuelien Hugo Chavez doit faire face à un dossier explosif sur les liens présumés entre son pays et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Un rapport d'Interpol, dévoilé jeudi à Bogota, garantit l'authenticité de documents liant l'homme fort de Caracas à la guérilla marxiste inscrite sur les listes des organisations terroristes de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Très critiqué lui-même par le président colombien Alvaro Uribe, M. Chavez s'en est pris ces derniers jours à la chancelière allemande, Angela Merkell, la seule dirigeante européenne importante, avec le chef du gouvernement espagnol, M. Rodriguez Zapatero, à s'être rendue à Lima.

Le président français, Nicolas Sarkozy, s'est fait remplacer par son premier ministre, François Fillon, tandis que le premier ministre italien Silvio Berlusconi et son homologue britannique Gordon Brown se sont faits excuser.

A la fin du sommet officielle, vendredi soir, plusieurs présidents de gauche dont Hugo Chavez et Evo Morales tomberont la cravate et la veste pour prendre la parole devant les militants de gauche et les écologistes du "sommet des peuples" qui se tient parallélement dans une université de Lima.

Ce forum de rencontres regroupent des organisations et syndicats de gauche, des ONG actives dans le domaine de l'environnement et de nombreux représentants de communautés indigènes Quechuas et Aymaras du Pérou, de la Bolivie et d'Equateur.

Pour assurer la sécurité, des missiles anti-aériens, des avions de combats et des experts en guerre bactériologique ont été déployés dans la capitale péruvienne, étroitement surveillée par 35.000 policiers.

L'austère musée de la Nation, où se déroule le sommet, a été isolé du reste de la ville par de hautes grilles que gardent blindés et policiers.

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