|
George W. Bush et son épouse Laura quittent Israël le 16 mai 2008 (Photo Jack Guez/AFP) |
|
Vendredi 16 mai 2008, 13h42
Le président américain George W. Bush a quitté vendredi Israël pour Ryad, après avoir apporté un soutien sans faille à l'Etat hébreu, notamment face à l'Iran, pour le 60e anniversaire de sa création.
Cet appui enthousiaste a valu à M. Bush un accueil exceptionnellement chaleureux en Israël, qui contraste avec les réactions que provoquent ses visites ailleurs dans la région, alors que les Palestiniens ne cachaient pas leur mécontentement.
"L'appui que nous a apporté le président Bush est hautement significatif d'autant plus qu'il se rend dans un pays arabe et que ses paroles sont entendues" dans le monde arabe, a déclaré le président israélien Shimon Peres.
L'ambassadeur d'Israël à Washington, Sallaï Meridor, a souligné l'importance pour Israël du soutien de M. Bush "à son droit à l'autodéfense et à combattre le terrorisme".
En revanche, côté palestinien, l'un des principaux négociateurs avec Israël, Saëb Erakat, s'est dit "déçu" par les déclarations du président américain jeudi au parlement israélien auquel il s'adressait pour la première fois.
|
George W. Bush applaudi par la Knesset après un discours, le 15 mai 2008 à Jérusalem (Photo Mandel Ngan/AFP) |
|
"L'alliance entre nos gouvernements est inaltérable", a déclaré M. Bush à la Knesset, avant de mettre en parallèle le nazisme et le mouvement islamiste palestinien Hamas, le Hezbollah libanais, Al-Qaïda et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui "rêve de ramener le Proche-Orient au Moyen Âge (...)".
"La population d'Israël n'est peut-être que d'un peu plus de 7 millions. Mais quand vous faites face à la terreur et au mal, vous êtes 307 millions parce que l'Amérique est à vos côtés", avait-il martelé, en estimant que permettre à l'Iran d'avoir l'arme nucléaire serait "impardonnable".
Pour le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, les propos de M. Bush sont une "déclaration de guerre contre le peuple palestinien" et "renforcent l'appui donné par Washington à l'occupation israélienne".
Dans le même temps, le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, s'en est pris aux dirigeants occidentaux pour leur participation aux célébrations du 60e anniversaire d'Israël et affirmé que les musulmans ne renonceraient à "aucun pouce de la Palestine", dans un message audio sur internet.
"La participation de dirigeants occidentaux aux célébrations des juifs confirme que l'Occident soutient l'occupation odieuse de notre pays (la Palestine) et qu'il se place dans la même tranchée d'Israël contre nous", a-t-l dit.
|
Manifestation de Palestiniens marquant la "catastrophe" (Nakba) de la création d'Israël, le 15 mai 2008 à Naplouse (Photo Joe Klamar/AFP) |
|
Aucune annonce d'un progrès dans les négociations israélo-palestiniennes pour atteindre l'objectif fixé d'un accord avant fin 2008, n'a été faite durant la visite de trois jours de M. Bush.
Il a même trompé des attentes répandues en n'abordant que vaguement un Etat palestinien dans un avenir aussi lointain que 2068, année du 120ème anniversaire d'Israël.
Le jour même où les Palestiniens commémoraient la "Nakba", la "catastrophe" consécutive à la création d'Israël, M. Bush n'a pas eu un mot pour les épreuves de 760.000 réfugiés palestiniens -aujourd'hui cinq millions avec leurs descendants- qui ont pris la route de l'exode durant la 1e guerre israélo-arabe de 1948.
La Maison Blanche a toutefois souligné que M. Bush n'en avait pas fini avec la paix et que ce thème serait discuté avec le président palestinien Mahmoud Abbas samedi à Charm el-Cheikh en Egypte, en marge d'un forum économique.
Avant son départ, M. Bush a visité un musée archéologique sur la Bible et eu une rencontre avec de jeunes Israéliens.
En Arabie saoudite, qui reste l'alliée des Etats-Unis malgré les crispations provoquées par les attentats du 11-Septembre et la guerre en Irak, les deux pays doivent conclure des accords bilatéraux sur le nucléaire civil ou la non-prolifération, selon la Maison Blanche.
M. Bush devrait inviter aux Etat-Unis le roi Abdallah, avec lequel il déjeunera et dînera dans son ranch, à user de son influence diplomatique en Irak ou au Liban et pour la paix entre Arabes et Israéliens.
Mais il devrait aussi lui demander d'agir pour contenir la flambée des prix du pétrole.