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Le leader du parti d'opposition zimbabwéen MDC Morgan Tsvangirai le 10 mai 2008 à Pretoria, en Afrique du Sud (Photo Gianluigi Guercia/AFP/Archives)

Vendredi 16 mai 2008, 13h54
La date du second tour de la présidentielle au Zimbabwe a été fixée au 27 juin, à la veille du retour prévu samedi du chef de l'opposition Morgan Tsvangirai selon lequel "la chute de la dictature" du président Robert Mugabe est "inévitable".

Le second tour, qui devait à l'origine se tenir avant le 23 mai, se déroulera finalement fin juin, près de trois mois après le premier.

"La Commission électorale du Zimbabwe (...), en accord avec le ministre de la Justice et des Affaires parlementaires, a annoncé: un scrutin sera organisé vendredi 27 juin 2008 afin d'élire le président", selon une édition spéciale du Journal officiel.

Le comité central de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) doit se réunir en session extraordinaire vendredi, pour la première fois depuis que Mugabe a enregistré une défaite historique au premier tour le 29 mars.

Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, a été battu par Tsvangirai, 56 ans, qui n'a pas officiellement remporté la majorité absolue permettant d'éviter un second tour. Ce résultat a été "désastreux", a déclaré vendredi Mugabe devant le comité central de son parti, en présence de journalistes.

Le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), se trouvait vendredi en Irlande du Nord, mais devrait rentrer dans la nuit pour arriver à Harare samedi à la mi-journée. Rendant hommage aux victimes des violences politiques, Tsvangirai a déclaré: "C'est pour eux que je dois rentrer au Zimbabwe, pour être avec eux, pour les sauver de ces ténèbres qui imprègnent nos vies". Lors d'un congrès de partis libéraux à Belfast, il a estimé que "la chute de la dictature est inévitable".

Bulletins de vote du 1er tour de la présidentielle, lors du recomptage le 19 avril 2008 (Photo Desmond Kwande/AFP/Archives)

"Le président Tsvangirai arrivera demain à 13H00 (11H00 GMT) et s'occupera immédiatement des affaires du pays", a précisé Luke Tamborinyoka, directeur de l'information du MDC. "Cela implique qu'il s'adressera aux députés et sénateurs à Harare, avant de se rendre à Bulawayo (deuxième ville du pays) où il prendra la parole lors d'un meeting dimanche", a-t-il déclaré à l'AFP à Harare.

Selon une source à la Zanu-PF, le comité central du parti doit examiner vendredi les mesures adoptées deux jours auparavant par son bureau politique, en vue de définir sa stratégie pour le second tour. Le scrutin devait se tenir à l'origine dans les 21 jours après l'annonce des résultats. Mais la commission électorale avait cette semaine allongé ce délai à 90 jours.

La commission ayant déjà mis près de cinq semaines à publier les résultats du premier tour le 2 mai, ce nouveau retard a provoqué la colère de l'opposition qui l'a qualifié d'"illégal". Le MDC craint que les partisans du régime n'intensifient leur campagne d'intimidation contre les opposants et a appelé les leaders d'Afrique australe à se réunir en sommet extraordinaire afin de faire pression sur Mugabe.

La réunion de la Zanu-PF intervient au lendemain d'une rencontre entre les responsables des forces de l'ordre et des dignitaires religieux pour discuter de la vague de violence.

Le chef de la police nationale, Augustine Chihuri, a assuré que la Zanu-PF comme le MDC orchestraient les violences à partir de bases installées dans tout le pays, mais que les forces de l'ordre étaient en train de les démanteler, a rapporté vendredi le quotidien d'Etat The Herald.

L'opposition a souvent accusé la police d'être partisane. M. Chihuri s'en est défendu, soulignant qu'elle ne faisait pas partie des instances décisionnelles des partis et n'avait que le pouvoir de les appeler au calme. Si les élections se sont déroulées pacifiquement, le Zimbabwe a été depuis le théâtre d'une forte montée de la violence, au point que l'ONU et Amnesty International ont averti qu'elle approchait du "niveau critique".

Des centaines de personnes, dont des syndicalistes et des journalistes, ont été arrêtées et des associations font état de milliers de blessés et de déplacés.

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