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Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa (c) et le premier ministre libanais Fouad Siniora (d) le 17 mai 2008 à Doha (Photo Marwan Naamani/AFP)

Samedi 17 mai 2008, 21h05
Les chefs de la majorité et de l'opposition libanaises, réunis à Doha pour tenter de sortir leur pays de la crise politique, ont décidé samedi de confier au Qatar le soin de proposer une solution à l'épineuse question de l'armement du Hezbollah chiite.

Cette décision a été prise lors de la première séance à huis clos en matinée de la conférence interlibanaise de Doha. La reprise des débats se faisait attendre en soirée, les délégations étant engagées dans des rencontres bilatérales et des tractations de coulisses.

Le président américain George W. Bush, en visite en Egypte, est intervenu dans le débat en qualifiant la situation actuelle au Liban de "moment déterminant" qui réclame un "ferme" soutien au gouvernement pro-occidental de Fouad Siniora face au Hezbollah soutenu par l'Iran.

"Ceci est un moment déterminant qui réclame que nous nous tenions fermement au côté du gouvernement Siniora", a déclaré M. Bush à Charm el-Cheikh.

"Il est clair que le Hezbollah, financé par l'Iran, ne peut plus défendre sa position selon laquelle il est le défenseur contre Israël à partir du moment où il se retourne contre sa propre population", a-t-il dit.

En matinée, les chefs de la majorité antisyrienne ont exigé d'inscrire la question de l'armement du Hezbollah à l'ordre du jour. Des responsables qataris sont intervenus pour proposer de reporter son examen et de se concentrer sur les autres points de contentieux.

L'ensemble des dirigeants libanais présents ont fini par accepter de laisser au Qatar le soin d'élaborer une solution de compromis sur la question.

"Le Premier ministre qatari (cheikh Hamad Ben Jassem Ben Jabr Al-Thani) nous a proposé de revenir avec une proposition sur la question des armes et de la présenter aux deux parties", a déclaré à l'AFP un délégué de la majorité libanaise.

"Les deux parties ont accepté", a-t-il ajouté sous le couvert de l'anonymat.

Selon un autre délégué de la majorité, les siens ont réussi à imposer à l'ordre du jour une "demande de garanties contre le non recours aux armes".

La majorité a insisté, a-t-il indiqué à l'AFP, pour que la question soit examinée à "deux niveaux", dont le premier est "la garantie qu'il n'y aurait pas de recours aux armes par une partie libanaise contre une autre pour quelque raison que ce soit".

"La question de l'armement du Hezbollah doit être traitée dans un second temps après l'élection d'un président de la République", a ajouté ce délégué.

Le Hezbollah est la seule milice libanaise à n'avoir pas désarmé après l'accord de réconciliation de Taëf (Arabie saoudite) en 1989, en disant vouloir poursuivre la lutte contre l'occupation israélienne du Liban sud.

Il ne l'a pas fait en dépit de deux résolutions du Conseil de sécurité en date de 2004 et de 2006, appelant au désarmement de toutes les milices.

La conférence de Doha, qui a débuté vendredi soir sous l'égide du Qatar, doit concrétiser le scénario d'une sortie de crise au Liban, négocié in extremis la veille par la Ligue arabe.

A la suite de violences qui ont fait en une semaine 65 morts et 200 blessés, la majorité antisyrienne et l'opposition, conduite par le Hezbollah, ont accepté de renouer le dialogue pour régler une crise qui sévit depuis novembre 2006.

Aux termes d'un accord en six points, les protagonistes devaient négocier à Doha la formation d'un gouvernement d'union nationale et une loi électorale.

Une fois ces deux points réglés, est prévue l'élection à la présidence de la République du candidat de consensus, le général Michel Sleimane. Le Liban est sans président depuis novembre dernier.

Les récentes violences, les plus graves au Liban depuis la guerre civile (1975-90), avaient débuté le 7 mai après de deux mesures du gouvernement visant à lutter contre l'influence du Hezbollah. Elles ont été retirées depuis.

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