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Le ministre d'Etat aux Affaires étrangères du Qatar Ahmad ben Abdallah Al-Mahmoud le 20 mai 2008 à Doha (Photo Marwan Naamani/AFP)

Mardi 20 mai 2008, 20h07
La médiation arabe a donné mardi un jour de plus à l'opposition libanaise, menée par le Hezbollah, pour choisir entre deux propositions de sortie de crise ou assumer la responsabilité de l'échec d'une conférence de réconciliation nationale lancée vendredi à Doha.

Face au blocage, le comité arabe conduit par le Qatar a ainsi fixé un ultimatum aux opposants libanais qui ont déjà rejeté l'une de ses propositions suggérant de reporter le débat sur la loi électorale jusqu'après l'élection d'un président de la République.

"L'une des parties a demandé aujourd'hui plus de temps pour (répondre à ces propositions) et le comité (de la Ligue arabe) lui a donné un délai expirant demain", a déclaré à la presse le ministre d'Etat aux Affaires étrangères du Qatar, Ahmad ben Abdallah Al-Mahmoud.

Ce responsable, qui lisait un bref communiqué, n'a pas précisé la partie qui a fait la demande mais un délégué libanais a indiqué que c'était l'opposition, soutenue par Damas et Téhéran.

Peu après, un député de l'opposition, Ali Hasan Khalil s'est montré évasif jusqu'à nier l'existence des deux propositions, avant d'ajouter que l'opposition entendait "rester à Doha jusqu'à la conclusion d'un accord".

Des Libanais manifestent le 20 mai 2008 à Beyrouth pour demander aux participants de la conférence de Doha de s'entendre (une pancarte en arabe dit: "Trouvez un accord! Honte à vous!" et une en arabe dit: "Si vous ne trouvez pas d'accord, ne revenez pas!") (Photo Joseph Barrak/AFP)

Pourtant, les deux propositions arabes offrent à l'opposition la "minorité de blocage" dans un gouvernement d'union, qu'elle avait toujours réclamée, a indiqué un autre délégué de la majorité.

Selon lui, les deux formules proposent que l'opposition soit représentée par 11 ministres au sein d'un gouvernement de 30 membres, dont 16 feraient partie de la majorité et les trois restants seraient nommés par le président élu.

Mais les deux propositions diffèrent sur la question controversée de la loi électorale en vue des élections législatives de 2009.

L'une reporte le débat sur cette loi jusqu'à l'élection d'un président et l'autre relance une ancienne loi datant de 1960 avec des amendements concernant les circonscriptions électorales de Beyrouth, la capitale, bastion de la majorité, a-t-il ajouté.

Majorité et opposition cherchent à s'assurer le plus grand nombre possible des 19 députés de la capitale au Parlement, qui en compte 128.

Le numéro deux de la diplomatie du Qatar a promis pour mercredi une conférence de presse du Premier ministre qatari, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani, pour "annoncer les résultats de la conférence" de Doha.

Le chef de la délégation du Hezbollah Mohammed Raed (g), le président du Parlement libanais Nabih Berri (c) et le député indépendant Michel Murr (2e à d), le 18 mai 2008 à Doha (Photo /AFP/Dalati and Nohra)

Le Premier ministre devait au départ s'adresser à la presse mardi, mais il ne l'a pas fait.

L'émir cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, intervenu ces derniers jours auprès des négociateurs libanais pour débloquer les tractations, est rentré au Qatar dans l'après-midi après avoir participé en Arabie saoudite à un sommet des monarchies du Golfe, lequel a appuyé la conférence de Doha et souhaité un règlement rapide au Liban.

La majorité est soutenue par les pays occidentaux et l'Arabie saoudite, très inquiète devant la montée de l'influence iranienne dans la région.

Le dialogue engagé à Doha, obtenu par la Ligue arabe grâce à une médiation du Qatar, a pour but d'extirper le Liban d'une crise de 18 mois qui empêche l'élection d'un nouveau chef de l'Etat.

La crise a dégénéré le 7 mai en affrontements qui ont fait 65 morts en une semaine et ont permis au Hezbollah de contrôler momentanément une bonne partie de Beyrouth, bastion de la majorité.

Le Qatar suggérait d'inclure dans le communiqué final une clause sur des garanties contre tout usage des armes à des fins politiques internes.

Une controverse sur la question de l'armement du Hezbollah a failli remettre en cause la conférence, lorsque des ténors de la majorité ont exigé samedi de débattre de cette question.

Le Qatar a désamorcé la tension en promettant un compromis, mais le Hezbollah a exclu tout débat sur son armement.

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