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Le Premier ministre britannique Gordon Brown visite le site olympique des JO de Londres en 2012, le 22 mai 2008 (Photo Shaun Curry/AFP/Pool) |
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Jeudi 22 mai 2008, 23h16
Le parti travailliste de Gordon Brown se préparait à une nouvelle humiliation électorale jeudi lors de la législative partielle de Crewe (nord-ouest), bastion du Labour où la victoire annoncée des Tories risque d'affaiblir un peu plus l'autorité du Premier ministre.
Les bureaux de vote de Crewe et Nantwich, circonscription ouvrière tenue par le Labour depuis des décennies, ont ouvert jeudi à 6H00 GMT et fermé à 21H00 GMT. Les résultats étaient attendus dans la nuit.
Selon la BBC, le taux de participation pourrait atteindre le chiffre relativement élevé de 60%.
Le dernier sondage en date, publié mardi par The Independent, donne une nette avance de 13 points au candidat conservateur, Edward Timpson, face à son adversaire travailliste Tamsin Dunwoody. Cette dernière est la fille de l'ancienne député Gwyneth Dunwoody, dont la mort a provoqué ce scrutin partiel.
Avec une cote de popularité abyssale sur fond de difficultés économiques croissantes, M. Brown ne s'est pas rendu en personne à Crewe pour soutenir Mme Dunwoody, y dépêchant prudemment plusieurs de ses ministres.
Le chef de file des conservateurs, David Cameron, n'a pas manqué d'accuser le Premier ministre de "manquer de courage" en "restant dans son bunker" pour ne pas plomber les chances de la candidate travailliste.
Accusation balayée par l'intéressé au Parlement: M. Cameron "sait très bien que traditionnellement les Premiers ministres ne se déplacent pas pour une élection partielle", a répondu Gordon Brown. M. Cameron lui a immédiatement rappelé que M. Blair avait déjà rompu avec cette "tradition".
Sur le terrain, les dernières semaines de campagne ont été marquées par une de ces "guerres des classes" dont les Britanniques ont le secret. Chacun a accusé l'autre de ne pouvoir prétendre à représenter l'électorat majoritairement ouvrier de cette circonscription connue pour son noeud ferroviaire et son usine Rolls-Royce.
Le candidat conservateur, un avocat héritier d'une riche famille d'industriels, s'est ainsi vu traiter d'"aristo tory" par le camp adverse.
De son côté, la candidate travailliste qui vit au Pays de Galles, s'est vu reprocher d'être une "parachutée" envoyée pour prendre la succession de sa mère.
Pour la maison de paris Paddy Power, les jeux sont déjà faits: sans même attendre l'ouverture des bureaux de vote, elle a payé dès mercredi les parieurs ayant misé sur les Tories.
Dernière lueur d'espoir pour les travaillistes: une bévue de dernière minute de l'état-major conservateur qui a malencontreusement envoyé par courrier électronique à une radio des informations confidentielles sur 8.000 électeurs. Les travaillistes ont demandé des excuses publiques.
Quelque trois semaines après la lourde défaite du Labour aux élections locales, et alors que Gordon Brown a multiplié concessions budgétaires et interviews pour tenter de reprendre la main, cette élection a donc pris des allures d'enjeu national.
Un succès des conservateurs jeudi sur les terres travaillistes donnerait aux Tories leur première victoire dans une élection partielle depuis plus d'un quart de siècle.
Mais au-delà du symbole, elle donnerait surtout de cette formation reléguée dans l'opposition depuis onze ans l'image d'un parti de conquête, prêt à remporter les prochaines élections générales, sous la houlette de son jeune chef de file.
En 1997, le raz-de-marée travailliste qui avait porté Tony Blair au pouvoir avait largement reposé sur la capacité du prédécesseur de Gordon Brown à séduire les déçus du conservatisme dans les fiefs des Tories.