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Le président français Nicolas Sarkozy lors du lancement de l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet 2008 à Paris (Photo Eric Feferberg/AFP/Archives)

Dimanche 20 juillet 2008, 22h46
Nicolas Sarkozy, qui assure la présidence de l'Union européenne, effectue lundi un déplacement à Dublin, où certaines de ses déclarations ont été mal perçues, pour tenter de trouver une sortie de crise après le rejet irlandais du traité de Lisbonne.

Le président de la République, qui s'est fixé la fin de l'année pour trouver une solution à la crise institutionnelle provoquée le 12 juin par le "non" à 53% au référendum irlandais, veut "écouter" et "comprendre" les raisons de ce vote, a-t-il déclaré dans une interview au quotidien Irish Times parue samedi.

"J'ai besoin de comprendre le message que les Irlandais veulent faire passer en votant +non+ à un traité signé par les représentants de 27 pays", a-t-il expliqué.

Cette visite intervient dans un contexte tendu entre Paris et Dublin, après les propos tenus par M. Sarkozy en début de semaine devant les députés UMP sur la nécessité de faire "revoter" les Irlandais.

Ces propos ont reçu un large écho en Irlande, où il ont été jugés au mieux embarrassants et au pire insultants.

L'Elysée a tenté de calmer le jeu en affirmant que ces déclarations, rapportées de façon indirecte, avaient été sorties de leur contexte et qu'un nouveau vote n'était qu'une option.

"Il ne va pas en Irlande pour dire ce qu'il faut faire (...) On va réfléchir, les Européens vont réfléchir et ensuite feront des propositions (...) C'est le gouvernement irlandais, en dernier ressort, qui décidera de ce qu'il faut faire", a assuré son conseiller Henri Guaino.

M. Sarkozy sera accompagné du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, qui avait lui aussi provoqué la colère de Dublin en déclarant avant le vote que les Irlandais avaient "profité" de l'Europe plus que les autres et se devaient donc de voter oui.

Après un entretien lundi avec le Premier ministre irlandais Brian Cowen, M. Sarkozy doit rencontrer des partisans des deux camps, pro et anti-traité.

Mais Eamon Gilmore, le leader du parti travailliste -qui a milité pour le oui-, a décliné l'invitation à se rendre à une table ronde avec le président français, critiquant le format de cette rencontre, selon The Irish Times.

Et Enda Kenny, chef du principal parti d'opposition, le Fine Gael (centre-droit), qui avait aussi fait campagne pour le traité, pourrait également boycotter la réunion.

Aucune percée n'est attendue à l'occasion de cette visite, Dublin ayant besoin de temps pour réfléchir à une sortie de crise, selon des diplomates français et irlandais.

La visite du président Sarkozy, qui durera six heures, devrait se dérouler dans la discrétion, afin d'éviter tout impair ou de donner l'impression de vouloir bousculer les Irlandais. Les rencontres se feront à huis clos.

"Il n'y aura pas de déblocage. Nicolas Sarkozy va essayer de calmer les choses et voir ce que veulent les Irlandais", estime Philippe Moreau Desfarges, de l'Institut français des relations internationales (IFRI).

Pour cet expert, l'important désormais est d'obtenir l'assurance de la ratification par les autres pays européens afin de mettre la pression sur Dublin.

L'Irlande est le seul pays obligé, par sa Constitution, à soumettre le traité européen à référendum. Les 26 autres pays de l'UE le soumettent à une ratification parlementaire.

La République tchèque, la Suède et l'Italie doivent encore ratifier le traité. Le président polonais Lech Kaczynski doit signer la ratification.

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