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Le président soudanais Omar el-Béchir à El-Geneina, capitale de l'ouest du Darfour, le 24 juillet 2008 (Photo Khaled Desouki/AFP)

Vendredi 25 juillet 2008, 22h47
Le Soudan a averti vendredi qu'il "pourrait" demander le départ de la force de paix ONU-Union africaine (Minuad) déployée au Darfour, si le président soudanais Omar el-Béchir est visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide au Darfour.

"Nous disons à la communauté internationale qu'en cas d'inculpation de notre président Omar el-Béchir, nous ne pouvons pas être responsables du bien-être des troupes étrangères au Darfour", région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003, a déclaré à la presse à Addis-Abeba le conseiller du président soudanais, Bonal Malual.

"Nous pourrions leur demander (aux troupes) de se retirer de notre territoire", a-t-il renchéri.

A Khartoum, le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Ali al-Sadiq, a cependant nuancé les propos de M. Malual.

"Nous sommes totalement et strictement engagés à respecter nos obligations internationales, en particulier la résolution 1769 du Conseil de sécurité de l'ONU", a indiqué à l'AFP M. Sadiq, en référence à la résolution adoptée en 2007 et établissant une force hybride ONU-UA de maintien de la paix au Darfour.

"Nous allons continuer à coopérer avec l'Union africaine et les Nations unies pour faire de l'opération de la force hybride un succès", a ajouté M. Sadiq.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a demandé le 14 juillet aux juges de la Cour d'émettre un mandat d'arrêt contre M. Béchir pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

Il s'agit de la première demande d'arrestation d'un chef d'Etat en exercice devant la CPI, seul tribunal permanent compétent pour juger les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide.

Les juges n'ont pas encore rendu leur décision.

"Nous rejetons complètement cette mise en accusation. Nous n'autoriserons pas que notre président soit soumis à aucune sorte d'interrogatoire devant un organe dont le Soudan n'est pas membre", a martelé M. Malual à Addis Abeba, en référence au fait que le Soudan n'est pas un Etat partie à la CPI.

M. Malual effectue une tournée en Afrique en soutien à son président.

Après ces accusations contre M. Béchir, la Minuad, qui compte 8.000 soldats, a été placée en état d'alerte et indiqué qu'elle évacuerait son personnel non essentiel tout en conservant ses soldats sur place.

Depuis que la Minuad a remplacé le 31 décembre l'ancienne force de l'Union africaine, seul un tiers des 19.500 soldats et 6.500 policiers prévus s'est effectivement déployé sur le terrain. Elle a en outre été visée par plusieurs attaques qui ont fait neuf morts en sept mois.

Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les milices arabes janjawid luttent contre des mouvements rebelles du Darfour. Le conflit a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, et 10.000 selon Khartoum.

Khartoum ne reconnaît pas la CPI et refuse de livrer le ministre Ahmed Haroun et le milicien janjawid Ali Kosheib, contre qui des mandats d'arrêt ont été lancés l'an dernier pour crimes présumés au Darfour.

Les janjawid sont des milices arabes armées, alliées à Khartoum contre la rébellion du Darfour.

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