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Arthur Mutambara, Robert Mugabe, Morgan Tsvangirai et Thabo Mbeki le 15 septembre 2008 à Harare lors de la signature du partage du pouvoir. (Photo Alexander Joe/AFP/Archives) |
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Dimanche 12 octobre 2008, 18h39
L'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur dans la crise au Zimbabwe, est attendu lundi à Harare où l'opposition l'a appelé à l'aide après la décision unilatérale du parti au pouvoir de conserver les ministères clés.
Après avoir estimé que l'initiative du président Robert Mugabe mettait "en péril" l'accord de partage du pouvoir, le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a jugé dimanche qu'une telle décision "tuait complètement les discussions".
"Cela constitue une gifle pour le processus de dialogue", a déclaré le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, à la radio SA FM.
Le leader de l'opposition et Premier ministre désigné, Morgan Tsvangirai, devait s'exprimer dimanche devant ses partisans.
C'est dans cette ambiance particulièrement dégradée près d'un mois après la signature le 15 septembre de l'accord pour la formation d'un gouvernement d'union nationale qu'est attendu lundi Thabo Mbeki, chargé d'une mission de médiation au Zimbabwe par la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).
"M. Mbeki se rendra demain au Zimbabwe. L'attribution des ministères et tous les autres sujets seront abordés à Harare lors de ses rencontres avec les leaders politiques du pays", a indiqué dimanche à l'AFP à Johannesburg son porte-parole Mukoni Ratshitanga.
Les négociateurs des deux camps avaient fait appel vendredi à l'ancien président sud-africain après avoir constaté un "blocage" sur la répartition des ministères clés dans le futur cabinet.
Mais le lendemain, M. Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, faisait savoir qu'il attribuait unilatéralement à son parti, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), la plupart des portefeuilles clés (Défense, Intérieur, Affaires étrangères, Gouvernement local) et gardait le contrôle de l'armée, de la police et des autres organes sécuritaires.
Le porte-parole du MDC de Morgan Tsvangirai a lancé dimanche un vibrant appel à l'aide à M. Mbeki.
"M. Mbeki, nous vous en conjurons, aidez le Zimbabwe. Nous avons besoin de vous. Nous avons aussi besoin de l'aide et du soutien de la SADC au Zimbabwe", a assuré M. Chamisa.
La faction dissidente du MDC d'Arthur Mutambara a également placé son espoir dans la médiation de Thabo Mbeki. "Nous attendons que le médiateur Mbeki vienne résoudre cette impasse", a déclaré son porte-parole, Edwin Mushoriwa.
M. Mbeki avait été l'artisan de l'accord de partage du pouvoir selon lequel M. Mugabe reste président et M. Tsvangirai devient son Premier ministre avec pour adjoint M. Mutambara.
Selon la liste du gouvernement publiée samedi par le quotidien d'Etat The Herald, la Zanu-PF aurait 14 ministères, le MDC en obtiendrait 13 - un nombre conforme à l'accord mais avec des ministères de moindre envergure - et la faction dissidente du MDC aurait en charge trois ministères.
La crise au Zimbabwe avait commencé après les élections générales de mars où l'opposition avait obtenu la majorité à la Chambre des députés tandis que Morgan Tsvangirai arrivait largement en tête au premier tour de la présidentielle.
Face aux violences déchaînées contre ses partisans, l'opposant avait boycotté le second tour que M. Mugabe a maintenu envers et contre tous, remportant en juin un scrutin où il était seul en lice.