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Des jeunes ont déposé à Londres le 1er juillet 2008 des messages et des fleurs sur le lieu du meurtre de Ben Kinsella, frère de l'actrice Brooke Kinsella (Photo Leon Neal/AFP/Archives) |
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Vendredi 04 juillet 2008, 15h40
Le meurtre sauvage de deux étudiants français dimanche à Londres vient grossir une longue liste de jeunes gens tués à l'arme blanche dans la capitale britannique depuis le début de l'année, que la police et le nouveau maire Boris Johnson semblent incapables d'enrayer.
Dix-huit adolescents ont connu une mort violente, dont 13 par arme blanche, depuis le début de l'année à Londres, sans compter les deux jeunes Français.
Dernier en date à illustrer cette série tragique : le jeune Shakilus Townsend, 16 ans, retrouvé jeudi dans l'entrée d'un immeuble de bureaux du sud de Londres après avoir été blessé à l'arme blanche.
Le jeune homme est décédé à l'hôpital vendredi au petit matin.
"C'est un nouvel incident absurde au cours duquel un jeune a trouvé la mort à cause d'un couteau", a déploré l'enquêteur Cliff Lyons.
Alors que la police londonienne commence à enquêter sur cette nouvelle affaire, ses enquêteurs les plus expérimentés restaient sous le choc des morts des deux jeunes Français Laurent Bonomo et Gabriel Ferez.
Les corps des deux étudiants en sciences de 23 ans ont été retrouvés dimanche, lacérés de plus de 250 coups de couteau dans un appartement de New Cross, un quartier populaire du sud de Londres, auquel on avait mis le feu.
Si les circonstances diffèrent, l'arme reste la même : le couteau qui, selon la police, est souvent un simple couteau de cuisine.
Au cours des premiers six mois de 2007, dix-sept jeunes gens ont été victimes de mort violente, contre 18 cette année sur la même période, mais c'est la banalisation des crimes par arme blanche, qui inquiète la police.
Le 29 juin, le frère d'une actrice de télévision également âgé de 16 ans, Ben Kinsella, est mort après avoir été poignardé à la suite d'une échauffourée dans un bar.
Le nouveau maire conservateur de Londres, Boris Johnson, s'est fait élire sur un programme de lutte sans merci contre le crime.
Il a annoncé cette semaine que 1.200 personnes avaient été arrêtées pendant une opération de six semaines au cours de laquelle 528 couteaux ont été saisis.
Certaines écoles ont installé des détecteurs de métaux pour fouiller les élèves.
Et le maire est allé jusqu'à mettre en garde les jeunes : "Quoi qu'il se passe, si vous voyez une bagarre dans la rue, ne vous y mêlez pas parce qu'il est possible que quelqu'un ait un couteau. Je dis aux jeunes : n'y participez pas, éloignez vous", a déclaré Boris Johnson.
La police londonienne a annoncé vendredi avoir formé une équipe spéciale de 75 agents pour lutter contre ce fléau.
De son côté, le gouvernement finance des campagnes d'information et des initiatives pour persuader les jeunes d'abandonner leurs couteaux.
Mais pour le criminologue David Wilson, professeur à la City university de Birmingham, il faut avant tout un effort de longue haleine pour persuader les jeunes qu'ils peuvent faire confiance aux autorités pour les protéger.
Depuis cinq ans, les jeunes jusqu'à 16 ans sont de plus nombreux à se déplacer avec un couteau, explique-t-il à l'AFP.
"D'abord ils portent un couteau parce que cela leur donne l'impression d'être un homme, cela leur apporte le respect", poursuit l'expert. "Mais la raison la plus fréquente est que les jeunes disent avoir peur, soit pour eux-mêmes soit pour leurs amis".
"Ils sentent qu'ils ne reçoivent pas de protection du monde des adultes, qu'ils pensent indifférent aux problèmes auxquels ils font face", explique David Wilson.