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A l'école "Les petites victoires" à Paris, école spécialisée pour les autistes, le 24 avril 2008 (Photo Franck Fife/AFP/Archives) |
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Vendredi 16 mai 2008, 20h34
Alors que l'autisme suscite encore de nombreuses interrogations, plusieurs axes de recherche sont développés en France, notamment la génétique et l'imagerie cérébrale, indiquent des spécialistes à l'occasion de la présentation du plan sur l'autisme 2008-2010.
L'autisme et les autres "troubles envahissants du développement" sont caractérisés par un déficit des interactions sociales et de la communication, et des perturbations des intérêts et des activités, qui entravent le développement de l'enfant et peuvent engendrer des handicaps sévères.
Pour Marion Leboyer, responsable du Pôle de psychiatrie du CHU de Créteil (AP-HP) et directrice de la Fondation FondaMental (réseau national de recherche et de soins en santé mentale), il est important de consolider les liens entre soins et recherche et de "mettre en lien" les différentes spécialités (génétique, neuropsychologie, imagerie...).
Outre les moyens financiers, "ce qui manque dans ce pays pour la recherche ce sont les suivis de cohortes", souligne-t-elle.
Ce suivi de groupes de patients est notamment indispensable pour la poursuite de la recherche en génétique, un domaine où les chercheurs français se distinguent depuis plusieurs années. Les spécialistes décrivent en effet plusieurs formes d'autisme et ont établi que plusieurs gènes sont impliqués dans les troubles autistiques.
Les chercheurs français, explique le Pr Leboyer, ont "été les premiers à identifier les mutations de gènes impliqués dans la mise en place des synapses (connexions entre les neurones) dans l'autisme infantile". Cela dans le cadre d'une collaboration entre l'équipe de l'Inserm du Pr Leboyer et celle de Thomas Bourgeron (Institut Pasteur).
La génétique a également montré que les autistes et notamment les autistes de haut niveau, atteints du syndrome d'Asperger (qui se caractérise par des difficultés relationnelles associées à des capacités intellectuelles étonnantes) sont porteurs d'anomalies chromosomiques, ajoute-t-elle.
Des travaux importants sont également menés en France en neuropsychologie et imagerie cérébrale.
Les techniques d'imagerie par résonance magnétique (IRM) et tomographie par émission de positrons (TEP) "mettent en évidence chez l'autiste des anomalies à la fois dans le fonctionnement du cerveau et dans les structures du cerveau, dans les structures clés de l'interaction sociale", indique Monica Zilbovicius (unité mixte CEA-Inserm). "En France, on a mis en évidence surtout des anomalies localisées au niveau de la région temporale supérieure", précise-t-elle.
Les différences observées dans le cerveau de l'enfant autiste portent sur "des zones impliquées dans la perception du regard, des mouvements du visage ou du corps, qui sont à la base de l'interaction sociale", explique-t-elle.
Une meilleure compréhension des mécanismes cérébraux impliqués permet des stratégies de soins plus ciblées. L'équipe du Dr Zilbovicius travaille sur l'utilisation de l'imagerie pour évaluer l'effet des différentes stratégies thérapeutiques.
Pour le Pr Leboyer, la recherche doit aussi innover sur le plan des soins, pour découvrir de nouvelles molécules, améliorer la prise en charge cognitive et la prise en charge sociale.