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Vue des remparts de la cité de Villefranche-de-Conflent, le 9 mars 2005 (Photo Eric Cabanis/AFP/Archives)

Mardi 08 juillet 2008, 17h32
Le prestigieux label du patrimoine mondial de l'Unesco constitue pour les douze sites Vauban couronnés une "formidable opportunité" économique, mais les communes s'inquiètent des investissements nécessaires et recherchent des fonds publics et privés.

"Tout seuls, on n'arrivera pas à faire face, il faut qu'on nous aide", déclare ainsi le maire de Neuf-Brisach (Haut-Rhin), Richard Alvarez (SE), à la tête d'une petite commune de 2.400 habitants enserrée dans l'étoile parfaite à huit pointes des fortifications construites par Vauban.

La commune la plus pauvre du canton s'attend à multiplier par trois ou quatre le nombre de ses visiteurs (actuellement à 20.000 par an). Mais elle devra trouver des aides techniques et financières pour ouvrir des hôtels et restaurants, créer des circuits touristiques et rénover le musée.

A Besançon, ville dont le maire PS Jean-Louis Fousseret, président du Réseau des sites majeurs Vauban, a piloté le projet de classement global à l'Unesco, on s'attend à de fortes retombées économiques. La plus importante pourrait être l'arrivée de nouvelles entreprises, attirées par la notoriété national, voire international.

Besançon attend 20 à 25% de fréquentation touristique supplémentaire pour 300.000 visiteurs par an.

Mais comme les autres sites Vauban, la ville espère un accroissement de l'appui financier de l'Etat, de la Région, du Département et de l'Europe, avec des fonds Feder, pour l'aider à assumer les frais d'entretien et de restauration de sa citadelle.

Le mécénat privé représente un autre espoir pour le Réseau des sites majeurs Vauban qui fédère des installations dans toute la France, propriétés communales, privées, ou bien appartenant aux ministères de la Justice (Saint-Martin de Ré) ou de la Défense (Arras, Briançon, Mont-Louis...). La fondation EDF vient d'apporter 200.000 euros sur quatre ans au Réseau qui espère que l'exemple sera suivi par d'autres mécènes.

Dans le département des Hautes-Alpes (deux sites Vauban), Joël Giraud, député PRG, appelle aussi "l'Etat à participer financièrement à cette aventure extraordinaire aux côtés de la Région et du Département en faveur d'un grand +plan Vauban+ pour les Hautes Alpes".

Dans les Pyrénées-Orientales, où sont situés l'enceinte et les forts de Villefranche-de-Conflent et la citadelle de Mont-Louis, Christian Bourquin, président PS du Conseil général, estime que "les retombées vont profiter à tout le département". "On peut s'attendre à une hausse de 30% de la fréquentation", s'est-il réjoui, tandis que Guy Raffali, maire de Villefranche-de-Conflent, ou Patrice Déchelette, maire de Saint-Martin de Ré (Charente-Maritime), s'attendent à "un tourisme culturel hors saison estivale, une clientèle européenne ou mondiale" plus importante.

Le maire de Blaye (Gironde), Denis Baldès, indique qu'il signera vendredi la "charte du triangle Unesco-terroirs" avec Alain Juppé, maire de Bordeaux, et Bernard Lauret, maire de Saint-Emilion, "afin de mieux mettre en valeur nos patrimoines". Blaye accueille environ 200.000 visiteurs par an, un chiffre qui va augmenter, mais "difficile de dire dans quelles proportions", reconnaît-il.

Pour le maire de Longwy (Meurthe-et-Moselle), Edouard Jacque, l'inscription des remparts sur la liste de l'Unesco "constitue une formidable revanche sur le cours de l'Histoire de la ville, abandonnée par la sidérurgie".

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