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Des proches d'une victime de l'accident d'avion de Madrid-Barajas le 20 août 2008 (Photo Desiree Martin/AFP)

Mercredi 20 aout 2008, 23h55
Visages fermés ou en larmes, des dizaines de proches des passagers de l'avion de la compagnie Spanair accidenté à Madrid, qui pourrait avoir coûté la vie à 151 personnes, arrivaient mercredi soir à l'aéroport pour tenter de connaître le sort des leurs.

Dissimulés derrière des lunettes noires ou un mouchoir à la main, ils ont commencé à arriver dans l'après-midi, aussitôt pris en charge par des employés du gestionnaire aéroportuaire Aena, vêtus des vestes vert pomme de la société.

Des policiers empêchaient les journalistes, très nombreux dans le moderne terminal 4 de l'aéroport de Madrid-Barajas, de les approcher.

Certains arrivés en début de soirée étaient en larmes, ayant apparemment abandonné l'espoir de voir leurs proches figurer parmi la vingtaine de survivants, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Au début, tu es effondré, parce que tu sais seulement qu'il était dans l'avion, tu ne sais pas s'il va bien, s'il est parmi les cadavres, tu te sens impuissant", a déclaré aux médias Ricardo, dont le beau-frère figure dans la liste des survivants.

Plusieurs membres de la Croix-Rouge, arborant un t-shirt estampillé "psychologue", les accompagnaient vers la salle des objets trouvés, transformée en centre de crise.

Sur la piste, à côté des avions immobilisés, une dizaine d'ambulances et plusieurs corbillards.

L'avion de Spanair s'est embrasé vers 14H45 (12H45 GMT) lors de son décollage pour rallier Las Palmas, dans l'archipel des Canaries (Océan atlantique).

"Ce fut très dur d'arriver sur les lieux de l'accident, nous avons secouru ceux que nous pouvions", a affirmé Miguel Angel Sanchez, le responsable des premiers pompiers arrivés sur place.

Un autre secouriste a déclaré sur la chaîne d'informations en continu CNN+ avoir vu des dizaines de corps. "Ils étaient tous carbonisés", a-t-il dit.

Vers 20H00, une employée d'Aena s'est frayée un passage vers l'entrée du centre d'accueil, les bras chargés de deux sacs de paquets de mouchoirs en papier.

A l'aéroport de Las Palmas, aux Canaries, la destination du vol JK5022, des familles, des amis, effondrés, attendaient des nouvelles de la capitale espagnole et espéraient pouvoir rallier Madrid.

Ils étaient des centaines mais, selon la Croix Rouge, seulement deux personnes par famille ont pu prendre place à bord d'un vol spécial qui devait décoller des Canaries vers 19H45 heure locale (18H45 GMT).

Plusieurs cellules psychologiques ont été mises en place pour les aider à supporter l'attente.

"On a aménagé plusieurs salles dans l'aéroport pour prendre en charge les familles. Ils sont ainsi au calme, on peut leur parler et ils peuvent extérioriser ce qu'ils ressentent dans ces moments", a expliqué à la Cadena Ser l'un des coordinateurs de l'aide psychologique, Juan Antonio Carujo.

"Mais l'incertitude rend encore plus angoissante la situation qu'ils vivent".

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