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Membres du groupe brésilien CSS, "Cansei de Ser Sexy" ("Fatigué d'être sexy") le 2 juin 2008 à Paris (Photo Joel Saget/AFP) |
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Jeudi 24 juillet 2008, 16h02
Oubliez le Brésil des cartes postales et ses clichés, plages ensoleillées, bikinis, palmiers et bossa nova alanguie: avec le groupe CSS comme fer de lance, la scène musicale de Sao Paulo, mégapole industrielle rivale de Rio, se caractérise par un son abrasif et très urbain.
"Sao Paulo est le centre économique du pays, c'est une immense ville industrielle et culturellement, on y est différent des gens de Rio ou de Bahia", explique à l'AFP Carolina Parra, l'une des musiciennes de CSS, qui a sorti lundi dans le monde entier son deuxième album, "Donkey" (Sub Pop/Pias).
"Cette ville est un peu un mélange de Los Angeles, Chicago et des mégapoles chinoises en pleine expansion", renchérit Olivier Durand, responsable du label français Nacopajaz.
Celui-ci a publié en Europe et dans le monde la compilation "Satanic Samba", consacrée à la musique underground de Sao Paulo, capitale de l'état du même nom, au sud-est du Brésil, et plus grande ville du pays avec ses 11 millions d'habitants intra-muros.
"Le climat y est beaucoup plus froid et pluvieux qu'à Rio et il n'y a pas de plage dans la ville, même si la mer borde l'état de Sao Paulo", fait remarquer Olivier Durand. "Dans cet environnement plus industriel et urbain, ce sont des courants plus alternatifs et underground qui s'expriment".
Tout en disant "se méfier" des catégorisations musicales par origine géographique, il souligne que "le son de Sao Paulo est plus corrosif, inquiet et punk dans l'esprit que ce qu'on associe d'habitude au Brésil".
Ces dernières années, c'est CSS -"Cansei de Ser Sexy", soit "Fatigué d'être sexy", nom ironiquement inspiré d'une phrase attribuée à la chanteuse américaine Beyonce- qui a attiré l'attention de la planète rock sur la scène underground de Sao Paulo.
Composé de quatre filles (la chanteuse Lovefoxxx, Luiza Sa, Ana Rezende et Carolina) et un garçon (Adriano Cintra), ce groupe a explosé dans le monde entier en 2006 grâce à son premier album et son électro-rock débridé chanté en anglais. Pour "Donkey", il s'est orienté vers un son plus rock et des morceaux avant tout destinés à être joués sur scène.
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Vue d'une artère de Sao Paulo le 15 mai 2006 (Photo Vanderlei Almeida/AFP/Archives) |
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Mais derrière la locomotive CSS, Sao Paulo fourmille d'un tas d'autres musiciens.
Sur "Satanic Samba", on entend des figures historiques comme Tom Zé, né dans l'état de Bahia il y a 71 ans et figure du mouvement tropicaliste dans les années 60, ou Os Mutantes (groupe psychédélique des années 60/70), ainsi que des artistes de la nouvelle génération: CSS bien sûr, Bonde do Rolê, originaires de Curitiba puis révélés à Sao Paulo, et les moins connus Supla, Sao Paulo Underground, Hurtmold ou Satanique Samba Trio.
Leur musique est souvent marquée par une énergie urbaine agressive et par des métissages déviants entre punk, électro, hip hop, rock, bossa ou samba. Le disque contient même une version locale de "La décadanse" de Serge Gainsbourg, signée Benzina, projet du guitariste Edgard Scandurra.
"Sao Paulo a toujours été une ville pionnière en matière d'expérimentation musicale", note Olivier Durand.
Autre caractéristique de ce pôle d'attraction, son bouillonnement culturel, notamment dans l'art contemporain.
"C'est une ville pleine de possibilités. Il y a une vie artistique intense, beaucoup de clubs et quand on était ado, c'était plus facile de se procurer des albums étrangers à Sao Paulo qu'ailleurs au Brésil", assure Ana de CSS, en rappelant que le design, la mode et la vidéo font partie intégrante de l'univers artistique du groupe.