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Une éducatrice travaillant avec une jeune autiste le 24 avril 2008 dans un institut médico-éducatif à Paris (Photo Franck Fife/AFP/Archives)

Vendredi 16 mai 2008, 20h36
Le gouvernement a lancé vendredi un second plan pour l'autisme, qui prévoit la création sur cinq ans de 4.100 places d'accueil supplémentaires et met l'accent sur le diagnostic et les nouvelles méthodes de prise en charge, en réponse à une forte attente des familles.

Le coût global de ce plan 2008-2010, qui vise à "faire sortir les autistes du ghetto", selon Roselyne Bachelot (Santé), s'élève à 187 millions d'euros.

"On part de très loin, ce n'est pas suffisant", a reconnu Valérie Létard (Solidarité), soulignant "l'ambition" du gouvernement: "que plus personne en France ne puisse ignorer l'autisme".

"C'est à la fois une goutte d'eau, mais il y a des progrès sur le plan de la qualité", a réagi l'actrice Sandrine Bonnaire, présente vendredi à la présentation du plan.

Des membres de l'association "Léa pour Samy" lors d'un rassemblement de protestation devant le ministère de la Santé à Paris, le 16 mai 2008 (Photo Thomas Coex/AFP)

En filmant sa soeur Sabine tardivement diagnostiquée autiste et enfermée cinq ans en hôpital psychiatrique, la comédienne a contribué à médiatiser ce que des associations de familles ne cessent de dénoncer: le manque de places d'accueil et l'accent mis en France sur le traitement psychiatrique au détriment des méthodes éducatives et comportementales.

Pour répondre au déficit d'accueil, qui contraint 3.500 enfants ou adultes à aller en Belgique, le plan prévoit 4.100 nouvelles places sur cinq ans: 1.500 en établissements pour enfants, 600 en services d'éducation spécialisée et soins à domicile (SESSAD), et 2.000 pour adultes.

Le premier plan 2005-2007 avait prévu sur trois ans 2.830 places supplémentaires.

Les ministres insistent sur la nécessité d'améliorer les connaissances sur les troubles envahissants du développement (TED), reconnaissant ne pas connaître précisément le nombre de personnes atteintes en France, les chiffres allant de 180.000 (Inserm) à 500.000 (comité d'éthique).

Un "socle commun" de connaissances sera communiqué aux familles et aux professionnels et leurs formations seront renforcées.

L'accent est mis aussi sur le diagnostic, que les professionnels "sont souvent incapables d'établir de façon rapide et précoce".

L'intégration en milieu ordinaire sera favorisée, "à tous les âges de la vie". Pour les adolescents, on encourage l'internat "souple", les structures expérimentales de "décompression". Des modèles d'habitat adapté seront expérimentés dans dix départements.

Concernant les méthodes de prise en charge, venues de l'étranger et privilégiant l'éducatif, les ministres annoncent une expérimentation "encadrée et évaluée".

Sans prendre partie pour une méthode, le gouvernement opte pour "une approche humaine, qui ne les oppose pas entre elles", a affirmé Valérie Létard.

Un recensement des pratiques sera lancé en 2008 dans trois régions, une mission de réflexion juridique et éthique veillera aux "risques de dérives" et "pratiques dangereuses".

Les établissements médico-sociaux et psychiatriques sont appelés à faire évoluer leur pratique pour tenir compte des "aspirations nouvelles" des familles et des connaissances récentes.

Des associations de familles (Autisme France, Sésame autisme) reconnaissent une "volonté politique" de faire évoluer la situation en France, mais, regrettant l'absence du ministre de l'Education, jugent encore trop faible la place accordée aux nouvelles méthodes, "expérimentées au compte-gouttes", et insuffisant le nombre de création de places d'accueil.

Pour l'association de parents d'autistes Léa pour Samy, ce plan est "scandaleux", le système restant "verrouillé par un milieu psychiatrique puissant".

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