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Michel Fourniret à son arrivée au tribunal le 20 mai 2008 (Photo Francois Nascimbeni/AFP)

Mardi 20 mai 2008, 20h13
Des avocats de familles de victimes ont estimé mardi que Monique Olivier, jugée aux assises des Ardennes pour complicité au côté de son mari Michel Fourniret, était aussi coupable que lui du meurtre de deux adolescentes en 1987 et 1989.

Au premier jour des plaidoiries des parties civiles, les avocats des familles d'Elisabeth Brichet, une adolescente belge de 12 ans, tuée en 1989, et d'Isabelle Laville, 17 ans, étranglée en 1987 dans l'Yonne, ont évoqué la "culpabilité identique" des accusés dans ces deux affaires.

"Je vais vous parler non d'un assassin, non de la complice d'un assassin, mais d'un couple assassin" a déclaré Me Paul Lombard, l'avocat du père d'Elisabeth, disparue le 20 décembre 1989 près de Namur (Belgique).

Dans ce dossier, Michel Fourniret, 66 ans, jugé pour sept meurtres aggravés, est accusé d'enlèvement, tentative de viol et meurtre. Son épouse, 59 ans, est renvoyée pour complicité.

Au cours des débats, l'ancienne garde-malade a reconnu qu'elle était présente, avec leur fils d'un an, Sélim, lors de l'enlèvement de l'adolescente, abordée au prétexte de la recherche d'un médecin.

"Elisabeth n'entre pas dans une camionnette de ravisseurs, elle entre dans une nurserie!", tonne Me Lombard, ample chevelure blanche. "Le stratagème est dégueulasse. Je choisis volontairement ce mot pour sa bassesse", poursuit-il.

Puis en se tournant vers Monique Olivier, voûtée sur son siège et tête baissée depuis le début de la plaidoirie : "L'aide de celle-là, ça nous dépasse. Nous sommes au coeur du ruban noir de l'horreur", dit-il, en rappelant que c'est elle qui a procédé à la "toilette intime" de l'adolescente avant la tentative de viol.

Devant les interpellations de Me Lombard, Michel Fourniret, qui a laconiquement reconnu les faits lors du procès, reste sans réaction, les yeux clos.

"Qu'est-ce que ça lui coûtait de dire qu'il était tourmenté par le remords, possédé par le diable. Il ne dit rien !" relève l'avocat, qui demande aux jurés de ne reconnaître aux accusés "aucune circonstance atténuante" en raison de leur "attitude" pendant le procès.

A sa suite, Me Alain Behr, l'avocat de la famille d'Isabelle Laville, la première victime présumée du couple, a souligné à son tour la culpabilité de Monique Olivier.

"Vous êtes, Monique Olivier, autant coupable que Michel Fourniret", a-t-il déclaré.

Dans ce dossier, Fourniret est accusé de viol et meurtre, Monique Olivier est renvoyée pour complicité de viol.

Isabelle Laville a été enlevée le 11 décembre 1987, deux mois après la sortie de prison de Michel Fourniret incarcéré pour plusieurs agressions sexuelles, alors que le couple venait de s'installer dans l'Yonne.

Interrogée pendant le procès, Monique Olivier a notamment reconnu qu'elle avait abordé la jeune fille pour le compte de Fourniret. Elle a aussi admis l'avoir "mis en condition" en lui pratiquant une fellation alors qu'il peinait à violer la jeune fille.

"Souvenez-vous que Sélim naît neuf mois, moins deux jours, après le meurtre d'Isabelle", rappelle Me Behr à l'attention des jurés.

Pendant cette première demi-journée de plaidoiries, les membres des familles des victimes ont chacun arboré une rose blanche, en hommage aux jeunes filles disparues. Les plaidoiries des parties civiles se terminent mercredi. Reprise de l'audience à 13H30.

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