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Rassemblement contre l'extradition en Italie de Marina Petrella, ex-membre des Brigades rouges, à Paris le 11 juin 2008 (Photo Joël Saget/AFP/Archives) |
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Dimanche 20 juillet 2008, 21h23
L'ex-membre des Brigades rouges Marina Petrella, dont l'Italie réclame l'extradition, est en "abandon de la vie" et un placement sous perfusion depuis vendredi la met, temporairement, à l'abri "d'un risque vital immédiat", ont indiqué dimanche ses deux médecins traitants.
Arrêtée en août 2007, visée par un décret d'extradition depuis juin, Mme Petrella, 54 ans, est actuellement hospitalisée à l'hôpital pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne) et atteinte de "troubles dépressifs et suicidaires", ont expliqué dans une lettre transmise à l'AFP les docteurs Christiane de Beaurepaire et Jean-François Bloch-Lainé.
Tout en rendant hommage au travail des équipes médicales de l'établissement public de santé national de Fresnes, les deux médecins ont souligné que "l'état dépressif profond de Mme Petrella et sa détermination suicidaire demeurent inchangés".
En grande "dénutrition", l'ex-brigadiste a perdu 20% de son poids depuis son arrestation et pèse aujourd'hui 39 kilos, a précisé à l'AFP le Dr Bloch-Lainé.
"Elle s'alimentait très très peu, prenait parfois un yaourt tous les six jours et un peu d'eau quand on insistait", a-t-il raconté en soulignant que sa patiente "ne revendique pas une grève de la faim" mais témoigne d'une "espèce d'abandon de la vie, de lâcher prise de tout élan vital".
Vendredi soir, "elle a accepté d'être perfusée" et "cela permet de la mettre à l'abri d'un risque vital immédiat, par exemple d'un arrêt cardiaque, qui est ce qu'on craint tous dans les grandes dénutritions", a déclaré Jean-François Bloch-Lainé.
Les deux médecins de Marina Petrella ont plaidé pour "une prise en charge dispensée dans un milieu spécialisé approprié", hors détention, car "le milieu carcéral ne peut qu'aggraver, s'il est possible, les troubles dépressifs et suicidaires tels que ceux de Mme Petrella, et précipiter une issue fatale".
Marina Petrella a été condamnée en Italie en 1992 à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour complicité de meurtre d'un commissaire de police à Rome en 1981. Elle vit en France depuis 1993, où elle est mariée et a eu une fille aujourd'hui âgée de dix ans.