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(De g. à d.) Le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland, remet le prix Nobel de la paix à Herman Van Rompuy, José Manuel Barroso et Martin Schulz, le 10 décembre 2012 à Oslo (Photo John Macdougall/AFP)

Lundi 10 décembre 2012, 19h18
L'Union européenne, qui traverse la pire crise de son histoire, a reçu lundi un prix Nobel de la paix contesté, l'occasion pour ses représentants de prononcer un hymne à une union "imparfaite" mais indispensable pour éviter le retour des démons du passé.

Toile de fond de la cérémonie Nobel, la crise était dans tous les esprits et sur toutes les lèvres dans l'Hôtel de ville d'Oslo.

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, membre du trio chargé de recevoir le prix au nom de l'UE, a longuement évoqué dans son discours les conséquences sociales dramatiques de "la pire crise économique depuis deux générations", du diplômé en quête du premier emploi au travailleur licencié.

L'attribution du Nobel de la paix à l'UE a été critiquée au-delà des seuls milieux eurosceptiques, notamment parce que la crise de la zone euro a mis à rude épreuve la solidarité des Etats membres et provoqué des troubles sociaux parfois violents et des poussées extrémistes dans des pays comme la Grèce.

Malgré trois ans de tractations parfois très vives, les pays riches du Nord du continent et ceux du Sud, surendettés et contraints à de douloureuses cures d'austérité, n'ont toujours pas trouvé une sortie de crise.

Avant de remettre le prix aux représentants des trois principales institutions européennes --M. Van Rompuy et les présidents de la Commission José Manuel Barroso et du Parlement Martin Schulz--, le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, a appelé l'UE à "aller de l'avant".

François Hollande et Angela Merkel discutent lors de la remise du prix Nobel de la paix à l'UE, le 10 décembre 2012 à Oslo (Photo Cornelius Poppe/Pool/AFP)

"Sauvegarder ce qui a été gagné et améliorer ce qui a été créé pour nous permettre de résoudre les problèmes menaçant la communauté européenne aujourd'hui, c'est la seule façon de résoudre les problèmes provoqués par la crise financière", a dit M. Jagland.

"Ensemble, nous devons faire en sorte de ne pas perdre ce que nous avons construit sur les ruines des deux guerres mondiales", a ajouté le président du comité Nobel, connu pour son europhilie dans une Norvège qui, paradoxalement, refuse obstinément d'adhérer à l'UE.

Dans son discours parsemé de passages en différentes langues --symbole de la diversité européenne--, M. Barroso a admis les "imperfections" de l'Union mais souligné ses acquis sur un continent qui, a-t-il rappelé, a connu la Shoah, les guerres et le nationalisme extrême.

"Notre quête d'unité européenne n'est pas une oeuvre d'art parfaite, c'est une oeuvre en cours de réalisation qui requiert une attention constante et minutieuse", a-t-il estimé.

Parmi la vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement venus à Oslo, le président français François Hollande et la chancelière Angela Merkel, assis côte à côte, ont ostensiblement affiché leur entente à coup de chuchotements suivis de sourires.

Vue des invités à la remise du Prix Nobel de la paix à l'UE, le 10 décembre 2012 à Oslo (Photo John Macdougall/AFP)

Ce "prix du courage, de l'audace, de la solidarité" donne aux dirigeants européens "de la responsabilité, pas simplement de la fierté", a dit M. Hollande lors d'une brève rencontre avec la presse.

Le Nobel n'a en tout cas pas chassé les vieux démons. Ces derniers mois, les Européens ont été incapables de s'entendre sur leur futur budget commun et de parler d'une seule voix sur la demande palestinienne d'un statut rehaussé à l'ONU.

Même pour la cérémonie censée les honorer, les Vingt-Sept n'ont pas réussi à accorder leurs violons: une demi-douzaine de dirigeants européens ont décliné l'invitation, pas toujours pour des questions de calendrier.

Parmi les absences de marque, le Britannique David Cameron, qui ne compte pas parmi les plus euro-enthousiastes, a laissé sa place au numéro deux du gouvernement, Nick Clegg.

Pro-européen, ce dernier a célébré un prix "pour les peuples d'Europe, pas pour une institution".

Le président tchèque Vaclav Klaus, notoirement eurosceptique, a aussi snobé la cérémonie.

"Je trouve l'absence de Klaus et de David Cameron cohérente. Les gens qui ne veulent pas de l'Union européenne, pourquoi venir?", a réagi M. Schulz dans un entretien avec l'AFP, en précisant que leur présence aurait été "peut-être un peu hypocrite".

Les Nobel de littérature, de chimie, de physique, de médecine et de sciences économiques ont été remis le même jour à Stockholm.

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